Académie vampire ou fondation chaleureuse ?
|
Goncourt a fait des confidences au journaliste Ernest d'Hervilly : il a écrit son testament (on est en 1882) et veut fonder une académie. Confidences répercutées dans Le Bien public du 23 juin 1882. «Ces jours-ci», écrit Edmond de Goncourt le lendemain, «les journaux font grand bruit de mon testament». Deux semaines plus tard, le 3 juillet, il pourrait lire la réaction, vive, de Vallès. La voici. Et voici la réponse d'Edmond, blessé : «Ayez cette idée, comme cette fondation, que je veux faire, d'une pension de 6 000 francs à dix hommes de lettres de talent dont ne veut pas l'Académie. [ ] votre récompense sera [ ] un article de Vallès qui vous comparera à Fenayrou [ ]» (Journal, 14 juillet 1882). Le Réveil, qu'il ne faut pas confondre avec l'hebdomadaire du même nom, qui avait paru sous l'Empire, de 1868 à 1870, fut créé au mois d'octobre 1877, dirigé par J.-L. de Lanessan; Vallès collabore sous le nom de Jean La Rue. Le Réveil disparaît eu mois de mars 1878, mais ressuscite, le 23 octobre 1881, toujours dirigé par Lanessan. Vallès, revenu au mois de juillet 1880, amnistié, de son exil à Londres, collabore dès le premier numéro. C 'était un journal littéraire et individualiste, défenseur de l'autonomie de l'individu contre l'État. Un journal républicain. .
|
![]() |
ILLUSTRATION
Vallès photographié par
Nadar
entre
1865 et 1870
|
Le Réveil, 3 juillet 1882 |