N O T E S
pour
LES SAINT-AUBIN
(1). D'après les dessins de ma collection, d'aprés les dessins de la collection de Paignon Dijonval.
(2).
Avant-Coureur, N° du lundi 29 avril 1771.
J'ai vu entre les mains de M. de Saint-Aubin, peintre
d'histoire, de l'or liquide préparé par M.
Thomé, chimiste, demeurant à Paris, vis-à-vis
l'école chrétienne. On peut s'en servir comme de
l'encre et le brunir ensuite. Ce secret était très
connu sous François Ier, comme on peut le voir par le
portrait de ce prince fait en miniature par : Nicolo
dell'Abate, que l'on conserve dans le Cabinet des estampes du
Roi.
(3). Il est bien entendu que je ne juge ici que sa peinture d'histoire : pour juger l'autre, qu'il y a tout lieu de croire colorée.et spirituelle comme son aquarelle, il serait nécessaire d'avoir sous les yeux quelque peinture bien authentique, il faudrait avoir retrouvé l'Académie particulière de la vente de Mme du. Barry ou quelque scène familière reconnaissable par la description des livrets de Saint-Luc.
(4). Dessins des deux ventes Pérignon (mai 1864 et mai 1865) ; dessins des armoires du Louvre ; livre de croquis de Gabriel, possédé par M. Groult ; livre de famille des Saint-Aubin possédé par M. Destailleur ; dessins de ma collection ; eaux-fortes de l'uvre gravé du maître.
(5). Gabriel est de sa nature très-allégorique. Aux dessins d'après nature qu'il a faits, il faut joindre des centaines de dessins dans lesquels son imagination faisait revivre en plein XVIIIe siècle la fable de ses aimables nudités. La naissance des princes, leur mariage, la mort de ses confrères, lui inspiraient des berceaux, des temples, des mausolées autour desquels il faisait monter une spirituelle mythologie. Et bien souvent même dans la représentation des choses les plus réelles et les moins pratiques, il lui faut son petit coin d'allégorie. Dessine-t-il une joute ? des Néréides, méiées à des Eoles joufflus, épancheront leurs urnes dans le ciel. Dessine-t-il une expérience de chimie ? Phbus regardera son image dans un bouclier que lui présente le génie de la science.
(6). Ce café est vaguement représenté dans une vague aquarelle, passée à la vente de mai 1864, n° 301. L'aquarelle a pour titre : Vue du caffé de Vendôme, tenu par Mangin, 1777, et porte en bas cette curieuse suscription : Vue du café où l'auteur passait ses soirées.
(7). Nouvelles de la République des lettres et des arts, par M. de la Blancherie, 1783, n° XXVII.
(8).
Je dois à l'obligeance de M. Herluison d'Orléans l'acte
de décès de Gabriel de Saint-Aubin :
«Le jeudi 10 février 1780, Gabriel-Jacques de
Saint-Aubin, garçon. âgé d'environ 51 ans,
maître peintre, demeurant rue des Prouvaires,
décédé d'hier, a été inhumé
au cimetière, en présence de.Charles-Germain de
Saint-Aubin, dessinateur du Roi, son frère, et de Raimond
Delpech, marchand mercier bijoutier, ami. De Saint-Aubin,Delpech.
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(St-Eustache.)
(9). uvre d'Augustin de Saint-Aubin, annoté et légué par lui à la Bibliothèque nationale. Cabinet des estampes.
(10). Une petite série, non tout il fait terminée, et qui semble avoir été inspirée à Saint-Aubin par une réminiscence des Figures de mode gravées à l'eau-forte par Watteau. Elle se compose de six pièces, etc. (Voir au catalogue de l'uvre gravé).
(11). Imaginations galantes qui tournent facilement à la polissonnerie, ainsi que le témoignent les deux planches libres qui ont pour titre : The place to the first occupier ; The first come best served.
(12). Six autres petites planches, dans le même genre, du même format et dont le tirage est en rouge, ont été publiées dans le méme temps.
(13). Lettre de M. Raphaël, peintre de l'Académie de Saint-Luc, à M. Jérôme, râpeur de tabac, 1769.
(14).
Il serait de toute justice, je crois, de restituer à Saint
Aubin une gravure, gravée par Fessard, cette même
année 1760. C'est une intéressante
représentation du BAL DE SAINT-CLOUD, avec ses arbres tout
enguirlandés de festons de verdure et de lanternes de couleur.
Tout seul, le faire de Saint-Aubin porterait à croire
que le nom de Saint-Poussin, nom d'un artiste inconnu, mis au
bas, est une erreur, et cette erreur est confirmée par
l'indication de la marge qui annonce que la gravure se vend chez
l'auteur, à la bibliothèque du Roi. Or jamais un
Saint-Poussin n'a eu un logement à la Bibliothèque du
Roi, et Saint-Aubin y habita plus de quarante ans, ainsi que
l'atteste une lettre citée plus haut.
Mentionnons encore, à la date de la même année,
ainsi que l'indique la note manuscrite et autographe de la
Bibliothèque nationale, Aug. de Saint-Aubin delin. et
sculps. 1760; mentionnons six sujets de femmes dont je n'ai
jamais vu passer une épreuve dans aucune vente. Ce sont six
dessins gravés au trait, puis bistrés d'après un
procédé ressemblant au procédé de
Leprince. Cette série semblait commencée avec
l'intention, abandonnée depuis, d'en faire une série
des cinq sens.
Une autre petite planche revient aussi de droit à Augustin.
Devant une boutique à l'étalage de joujoux, s'abordent
et se saluent des dames et des cavaliers, auxquels un colporteur et
une marchande de la rue offrent des almanachs et des oranges. La
pièce a pour intitulé, autant que je me le
rappelle : LE JOUR DE L'AN.
(15). Déclaration de la mode portant règlement pour les promenades du boulevard. L'an XLII des Bilboquets, VIII des Pantins et I des Navets.
(16).
Ces deux dessins d'Augustin de Saint-Aubin ont été
gravés merveilleusement par Duclos, et dédiés
par lui, le Bal paré à M. de Villemorien fils,
le Concert à Mme la comtesse de Saint-Brisson.
Les dessins furent exposés au Salon de 1773, n° 29.
Les dessins d'Augustin de Saint-Aubin, exposés aux Salons de
1775, 1777, 1783 et 1789, ne sont que portraits, médaillons,
études de têtes, figures de femmes à mi-corps,
à la mine de plomb et au crayon noir légèrement
pastellé, ou dessins de pierres gravées, à
l'encre de Chine, au bistre et à la sanguine.
(17). Voyez Principes d'Allemande par Dubois, de l'Opéra, gravés par Mme Annereau. A Paris, chez l'auteur, rue Mazarine, à l'hôtel des Pompes. Almanach dansant, ou Positions et Attitudes de l'Allemande, dédié au beau sexe par Guillaume, maître de danse.Pour l'année 1770. Chez l'auteur, rue des Arcis, maison du commissaire.
(18).
Voici l'acte de mariage d'Augustin de Saint-Aubin communiqué
par M. Herluison :
«Du mardy 27 9bre 1764, Augustin de St-Aubin, graveur en
taille-douce, âgé de 28 ans passés ; fils
des dess. Gabriel-Germain de Saint-Aubin, brodeur du Roy, et
Jeanne-Catherine Himbert, paroisse St-Et.-du-Mont, d'une part ;
et Louise Nicolle Godeau, âgée de 22 ans passés,
fille de Jean-Bte Godeau, officier chés M. le cte de Caylus,
et de Etiennette Girardot, dmt de droit et de. fait à
l'orangerie des Thuilleries, d'autre part, ont été
mariés de leur mutuel consentement
en prce des
père et mère de la mariée : de Germain de
Saint-Aubin, dessinateur du Roy, rue du Four, paroisse
St-Eustache ; de Louis-Michel de Saint-Aubin, peintre, paroisse
de Sève de ce diocèse, tous deux frères du
marié
»
(St-Germ.-l'Aux.)
(19). Acquis par nous à la vente Renouard, il a été gravé par mon frère.
(20). Ainsi de la MARCHANDE DE CHATAIGNES, gravée par le chevalier dé Pommard, où il me semble que la pointe de Saint-Aubin a terriblement aidé la pointe du chevalier.
(21). Ce n'est que par hasard qu'il ose encore faire de l'art monarchique. Et dans une lettre au libraire Tilliard, datée du 12 février 1792, il écrit : Je vous envoye une petite épreuve d'une petite planche que je viens de mettre au jour. Je ne crois pas qu'on puisse m'accuser de flagornerie, mais il y a tant de préventions injustes et ridicules contre tout ce qui vient de la monarchie, que je suis menacé de ne pas vendre beaucoup, quoique je n'expose que le fait.
(22). Lettre communiquée par M. Duplessis.
(23). Une rare planche de Samt-Aubin prouve sa reconnaissance pour Renouard ; c'est la famille Renouard, cinq têtes, sans fond, travaillées du plus fin de sa pointe fatiguée.
(24). Dans une autre lettre que Saint-Aubin adresse au ministre (18 prairial de l'an1V), il dit : «Il avoit été créé sous Louis XV une place de dessinateur et graveur de la Bibliothèque nationale. A la mort du premier titulaire, en 1716, le savant abbé Barthélemy, qui projetoit de publier une partie des médailles du cabinet, demanda le brevet, à son insçu.»Dans une autre lettre adressée au ministre Chaptal, il parle ainsi de lui à la troisième personne : «Il a vieilli avec honneur dans l'exercice de son art, qui est aujourd'hui sa seule ressource, ayant eu le malheur de perdre, par des circonstances de la révolution le fruit de quarante années de travail et de bonne conduite ; et, aujourd'hui que sa mauvaise santé ajoute au poids de ses années, ne lui sembleroit-il pas permis d'espérer que vous ne confondrez pas sa demande avec tant de prétentions indiscrètes ou exagérées ? » Dans une autre lettre de l'an XII, cherchant à intéresser le ministre, après lui avoir rappelé qu'il a été reçu de l'Académie de peinture en 1711, Il écrit : « J'ai formé plusieurs élèves qui aujourd'hui font honneur à l'art ; je n'en nommerai qae deux ou trois ; MM. Biot, Ancelot, Duclos, Macrel, etc. ; enfin j'ai soixante-sept ans, il y en a cinquante que je travaille ; aussi ma santé est fort altérée, et je suis tous les ans six mois sans pouvoir sortîr de chez moi, ce qui me met dans une situation vraiment fâcheuse. J'avais une modeste fortune, fruit de l'ordre et de l'économîe, mais que j'ai entièrement perdue par l'effet de la révolution.» Lettres autographes de Saint-Aubin de ma collection.
(25). Nous donnons l'acte de décès d'Augustin d'après une communication de M. Herluison :
«L'an 1807, le 10 9bre, à midi sonné. Par devant n., adjt au maire du 3° arrondt de Paris, soussigné, sont comparus les Srs Claude-René Debonnaire, commissaire-priseur, âgé de 48 ans, dnt à Paris, rue Nve-St-Eustache, n° 30, neveu du deffunt, et Hippolyte-Marcelin Villemain, tailleur, âgé de 51 ans, dmt à Paris, rue des Prouvaires, ami. Lesq. n. ont déclaré que Augustin Saint-Aubin, graveur, âgé de 71 ans, natif de Paris, époux de Louise-Nicole Godeau, est décédé hier, à 4 h. du soir à Paris, r. des Prouvaires, n° 31, division du Contrat-Social Lesquels »(Reg. du III° arrondt.)
(26). Le portrait de Charles-Germain de Saint-Aubin a été gravé pour la première fois par mon frère d'après un portrait inédit, possédé par nous. Ce portrait, traité dans la manière de Cochin, porte au dos : Charles-Germain de Saint-Aubin, dessinateur du Roy, né le 17 janvier 1721, dessiné en 1769 par Mlle de Saint-Aubin, sa fille, pour M. Sedaine son amy.
(27). Notice manuscrite se trouvant en tête du Recuell (sic) de plantes peintes à la gouache par Charles-Germain de Saint-Aubin. A la suite de l'autobiographie est tracée d'uue écriture du temps : «Charles-Germain de Saint-Aubin est mort à Paris, le 6 mars 1786.»
(28). Germain de Saint-Aubin fut inhumé à Saint-Joseph, le 18 mars 1786.
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