Extrait de :
Jacques Hillairet, Connaissance du
Vieux Paris, Éditions Princesse, 1977,
p. 279.
Édition elle-même établie à
partir de : J. Hillairet, Évocation du
Vieux Paris, Éditions de Minuit.
N° 25. Hôtel de la
Païva. - Cet hôtel a été
construit, de 1856 à 1866, surun terrain qui avait
dépendu du Jardin d'Hiver, par l'architecte Pierre
Manguin, pour la marquise de Païva. Celle-ci, de son
vrai nom Thérèse Lachmann, était la
fille de Juifs polonais réfugiés en Russie;
jeune, elle épousa en 1836 un modeste tailleur
français qu'elle quitta pour mener une vie
galante. Elle devint la maîtresse de personnes
célèbres comme le pianiste Hertz, puis
épousa, en 1851 , un de ses amants, le Portugais
Francisco de Païva-Araujo, peut-être
marquis.
C'est alors qu'elle fit construire cet
hôtel qu'ornèrent des peintures de Baudry,
des sculptures d'Augé, de Barrias, de Dalou; elle
y donna des réceptions magnifiques où
furent assidus Émile de Girardin, Émile
Augier, les Goncourt, Edmond About, Delacroix,
Théophile Gautier, Arsène Houssaye, Taine,
Sainte-Beuve et Gambetta. En 1871, la marquise de
Païva fit annuler son mariage par Rome et
épousa un autre de ses amants, le comte Henckel de
Donnersmarck, cousin de Bismarck, âgé de 25
ans et millionnaire. Le marquis de Païva,
désespéré, se tua d'un coup de
revolver, en 1873, à l'issue d'un grand
dîner offert à ses amis à la
Maison Dorée.
À l'issue de la guerre de 1870,
Bismarck nomma son cousin gouverneur de
l'Alsace-Lorraine. L'ex-marquise de Païva fut
obligée de quitter Paris; elle mourut en 1884, et
son mari vendit l'hôtel.
Les portes en bronze sculpté
sont du sculpteur Legrain; à l'intérieur,
célèbre escalier en onyx mouluré et
sculpté caractéristique du style Second
Empire. Hôtel classé.
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