x

L'Art du dix-huitième siècle  

x

 

 

 

  Que ce titre, L'Art du dix-huitième siècle, nous paraît inadéquat! Ne serait-ce que pour être composé d'un mot vague à souhait, l'art, et d'une entité, le XVIIIe siècle, qu'aucun historien ne peut délimiter sans arbitraire. L'expression «Art du dix-huitième siècle» fut forgée à l'occasion de la première parution des fascicules chez Dentu ; ce n'était pas vraiment un titre, une manière d'étiquette, plutôt, qui englobait des «biographies d'art» (Journal, juin 1859) écrites sans plan préconçu, sans vision préalable d'un quelconque développement de l'art dans le temps. Cette impression d'un travail parcellaire se confirme après la mort de Jules ; Edmond le souligne dans sa préface datée de janvier 1873 (publiée dans la seconde édition, Rapilly, en 1873, puis en 1875, pour servir d'introduction aux Notules, additions, errata de la première édition Dentu). La mort de Jules interrompit l'élan de cet inventaire de l'art du siècle passé. Devaient suivre :

- une étude consacrée à «L'école de Watteau (Pater, Lancret, Portail)»,
- une autre à la sculpture, avec au centre Clodion - en 1859, déjà, les Goncourt annonçaient une biographie d'art du seul Clodion.

Malgré l'absence de plan préconçu, malgré la rupture de la mort de Jules, maintenant que nous disposons du texte intégral de L'Art du XVIIIe siècle et que le temps a passé, une unité et une perspective se dégagent de cet ensemble de textes et d'illustrations ; mais avant de les dégager, revenons aux sources de ce chef-d'œuvre.

Première édition, 1859-1875

   Le contenu de ce qui devint, en l'état définitif, un ensemble de trois volumes sans illustrations, parut tout d'abord sous une forme morcelée et illustrée : 11 fascicules, de format in-4°, 28 cm x 22 cm, accompagnés chacun de deux ou quatre eaux-fortes, qui parurent de juin 1859 à 1870. L'impression des caractères a satisfait les Goncourt : «Une merveille typographique de Perrin [Louis Perrin de Lyon], où nos eaux-fortes ne font pas trop mauvaise figure» (Journal, juin 1859). Les fascicules étaient en effet illustrés par des eaux-fortes des Goncourt reproduisant elles-mêmes des œuvres originales du XVIIIe siècle appartenant aux deux frères, à d'autres collectionneurs ou à des musées : «Toutes les eaux-fortes [de L'Art du dix-huitième siècle] sont gravées par Jules de Goncourt, à l'exception d'Augustin de Saint-Aubin assis sur un tabouret, et du groupe de la Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime. Ces deux eaux-fortes sont gravées par Edmond de Goncourt.» (E. de Goncourt, Notules, additions, errata, Dentu, 1875, p. 1).

Les études d'artistes sont des monographies, bien que parfois plusieurs artistes soient groupés à l'intérieur d'une même livraison. Ainsi le premier, Les Saint-Aubin (Augustin, Gabriel et Germain) ; le dixième (1868) est consacré à Gravelot et Cochin (Les vignettistes. Gravelot, Cochin), le suivant à Eisen et Moreau (Les vignettistes. Eisen, Moreau). Et les Goncourt mêlent biographie et jugements esthétiques. L'ordre des artistes, on le comprendra, est arbitraire au regard d'un jugement objectif. Ajoutons que certaines études parurent dans la Gazette des Beaux-Arts, ce qui fournit aux Goncourt une publicité toujours bienvenue, ainsi dans la rubrique des livres du Supplément de cette Gazette, pour l'étude sur Debucourt, parue dans la Gazette des Beaux-Arts en mars 1866 - et la même année chez Dentu, en fascicule :

«Debucourt, par Edmond et Jules de Goncourt, […]. Les lecteurs auront plaisir à relire cette Étude colorée et précise, qui peint avec la plume ce que Debucourt a gravé d'une pointe si spirituelle et si amoureuse de la société de son temps. Ils trouveront de plus dans cette nouvelle livraison de l'art du XVIIIe siècle, qui sera aussi rapidement épuisée que ses aînées, deux curieuses eaux-fortes de M. Jules de Goncourt : un fragment des Travaux de la Fédération au Champ-de-Mars, dessin capital qui appartient à Me Delbergue-Cormont [commissaire-priseur, 8, rue de Provence], et la Noce de Village, peinture d'une gaieté et d'une grâce exquises, qui fait partie de la riche collection du neveu de Debucourt, le graveur à l'aquatinta, M. Jazet. [Signé :] Ph.[ilippe] B.[urty]» (La Chronique des arts et de la curiosité, tome IV, année 1866, p. 200.)

Les fascicules, dont la continuité a été rompue, furent suivis d'un douzième et dernier fascicule, Notules, additions et errata, écrit par le seul Edmond. Par piété fraternelle, les noms d'auteur, Edmond et Jules. sont demeurés sur la couverture : Jules est mort depuis cinq ans. Et par piété toujours, Edmond a voulu que Jules fût présent à l'intérieur de ce fascicule écrit par lui : il a redonné la gravure de Jules selon Fragonard, représentant une femme accrochant un cadre ; c'est la gravure par Jules de L'Amour tenant un flambeau de Prudhon qui sert d'en-tête, et le Violoneux, fragment d'un dessin de Saint-Aubin gravé par Jules, qui sert de cul-de-lampe pour la dernière page.

Signalons aux curieux que ce fascicule de Notules était imprimé chez Claye, à Paris ; il avait été tiré à 200 exemplaires comme les précédents ; les cuivres avaient été détruits après usage (ce fut le cas pour tous les fascicules) - cette dernière remarque était destinée aux collectionneurs d'alors. Signalons aussi que les caractères de Louis Perrin, tant appréciés des Goncourt, reproduisaient, c'est eux-mêmes qui l'avaient signalé dans le Journal (17 février 1859), les caractères des Alde - avec les s en forme de f ou presque.

Sur cette édition, nous partageons le sentiment d'Alidor Delzant qui la jugeait, ayant connu les éditions ultérieures, seule satisfaisante :

«[…] je n'ouvre avec un plein contentement que la première [édition] publiée en fascicules. Elle est tellement de ses auteurs [par les eaux-fortes de l'un et l'autre frères] qu'elle a l'intimité de l'autographe. Dans les suivantes, très soignées pourtant, mais sans eaux-fortes, l'âme du livre semble éventée, comme un parfum.» (Les Goncourt, Charpentier, 1889, p. 62.)
Deuxième édition, 1873-1874

   Avant que la parution de la première édition chez Dentu ne soit terminée (puisque le fascicule des Notules paraît en 1875), une deuxième édition de L'Art du dix-huitième siècle paraît chez Rapilly, libraire & marchand d'estampes, signalée dans la presse. Que l'éditeur soit en même temps marchand d'estampes n'est pas indifférent, ni pour les Goncourt ni pour l'éditeur, on le comprendra en lisant cet avis relevé dans La Chronique des arts et de la curiosité, supplément à la Gazette des Beaux-Arts (tome III, année 1865, p. 78) :

«MM. Edmond et Jules de Goncourt ont tiré quarante épreuves de leur charmante eau-forte, d'après la Lecture de Fragonard, qui fait partie des dessins du Louvre. Inutile d'ajouter qu'on se presse d'aller quérir chez l'éditeur Rapilly cette spirituelle évocation du XVIIIe siècle».

Cette édition revue et augmentée s'ouvre avec la préface d'Edmond que l'on retrouvera au début du fascicule des Notules chez Dentu en 1875. Elle est datée (janvier 1873) et s'intitule curieusement «Préface de la première édition», alors que l'on attendrait «postface». L'édition Rapilly paraît en deux volumes in-8°. Le premier tome (1873) comprend : Watteau, Chardin, Boucher, La Tour, Greuze, les Saint Aubin. Le deuxième (1874) : Gravelot, Cochin, Eisen, Moreau, Debucourt, Fragonard, Prudhon, et il se termine par les «Notules, additions, errata», les mêmes qui paraîtront en 1875 en formant la matière du dernier fascicule de l'édition Dentu.

L'ordre des artistes est cette fois chronologique, ce qui explique, par exemple, la place de Fragonard entre Debucourt et Prudhon (Edmond tenait à cette orthographe, maintenant périmée, Prudhon pour Prud'hon. Quel ordre préférer ? L'ordre de parution des études ? L'ordre chronologique des artistes ? La question n'est pas indifférente ; le premier ordre, chez Dentu, était commandé en partie par le hasard, le second est rationnel en apparence, mais souvent absurde au regard de la place des artistes dans une échelle de valeurs ; il a plus de sens, mais à peine plus, qu'un classement alphabétique. Toute sa vie Edmond s'est heurté au problème du classement : classer est toujours juger. À vrai dire, répertorier est moins chez lui un problème qu'une attitude vitale, presque affective. D'une manière générale, il est tiraillé par deux impulsions opposées : un goût de l'ordre qui semble inné chez lui - pensons à son amour des catalogues, qu'il les collectionne ou les écrive lui-même, sa pratique des répertoires, nomenclatures, inventaires - et la soumission au hasard, on veut parler du goût de la recherche et du plaisir de la découverte. Dans cette nouvelle édition, l'ordre chronologique est un pis-aller, un ordre minimal, sur lesquels se greffent, plus ou moins distinctement d'autres ordres - ou désordres.

Troisième édition

1880-1882 (volumes) et
1881-1883 (fascicules) 

   Troisième édition revue et augmentée, illustrée de planches hors texte (A. Quantin). Cette édition parut sous deux aspects : en deux volumes (1880 et 1882), puis en 14 fascicules ; le premier, Watteau, est annoncé le 21 mai 1881, le dernier, Prudhon, parut en 1883. Les notules d'Edmond ne sont plus rassemblées en un tout, elles suivent maintenant chaque étude. Les illustrations (au nombre de 70) sont des reproductions en héliogravure par la société Dujardin, de l'imprimerie Quantin. L'on peut s'interroger sur la valeur de l'héliogravure comme moyen de reproduction d'œuvres d'art. Dans l'édition Dentu, la reproduction était assurée par Jules (pour l'essentiel, on l'a vu) : c'est lui qui avait gravé les œuvres originales, c'est lui qui était l'intermédiaire entre les œuvres d'art aimées et le lecteur. Par sa gravure, même si elle n'est qu'une copie, Jules est doublement présent dans L'Art du dix-huitième siècle, puisque le texte est de lui (et de son indispensable frère) ; mais surtout cette gravure, de reproduction, certes, gravure néanmoins, rend le livre (ou les fascicules) plus près de l'art que le procédé mécanique de l'héliogravure. Cette dernière technique permet sans doute un choix plus large, puisque la limite des possibilités artistiques de Jules n'est plus en jeu, mais ce procédé mécanique dénature les œuvres elles-mêmes, en donne en tout cas une reproduction que nous avons le droit de juger défectueuse.

Dernière édition, Charpentier, 1881-1882

   Cette édition parut sous le titre L'Art du XVIIIme siècle, puis L'Art du XVIIIe siècle ; on a perdu la graphie plus élégante, L'Art du dix-huitième siècle. Trois séries, c'est-à-dire trois volumes (in-18°) ; l'ordre des artistes est le même que celui de l'édition précédente. On regrette de ne pas trouver dans cette édition la préface d'Edmond datée de 1873. Bien entendu, aucune illustration - on ne sait s'il faut le déplorer, elles eussent été, sans aucun doute, de mauvaise qualité.
Il y eut un second tirage de cette édition (1894-1895), également 3 volumes in-18°. La pagination est légèrement différente de l'édition précédente.

  


 

L'unité rétrospective de L'Art du dix-huitième siècle

Alors, inadéquat, ce titre, L'Art du dix-huitième siècle ? Oui, car il semble indiquer une étude objective et exhaustive, ce que n'est sûrement pas cette œuvre. Or c'est en cette absence que résident le charme et l'intérêt du livre. Cette «histoire» de l'art du XVIIIe siècle est personnelle : les objets d'art sont donnés au lecteur - qui est aussi voyeux, pour employer un terme de Saint-Simon - non point tout crus, mais tels qu'ils ont été vus par des amateurs, des dilettanti. Aussi ce que nous aimons est (souvent ? parfois ?) le regard des Goncourt avant d'aimer les œuvres elles-mêmes. Quitte à discuter ensuite, en notre for intérieur, leur jugement. La subjectivité ne serait certes pas une qualité si elle n'était fondée sur des connaissances de première main ou toujours vérifiées et de réels contacts avec les objets d'art évoqués. Aucun jugement sans goût, certes, mais un goût sans connaissance serait inconsistant.

L'Art du dix-huitième siècle est le portrait (pensons aux Portraits intimes du XVIIIe siècle) du dix-huitième siècle tel que le voyaient et le ressentaient Jules et Edmond. Peut-on avoir un coup de foudre devant et pour une époque ?Sans aucun doute ; c'est ce qui est arrivé aux Goncourt et, finalement, peu nous importe pourquoi. Leur amour fut contagieux, et des collectionneurs contemporains leur rendent hommage : «Ce sera l'éternel honneur de MM. de Goncourt d'avoir été les premiers à ressusciter le nom de Saint-Aubin, dans une de ces notices qui donnerait la passion de l'art du XVIIIe siècle aux plus récalcitrants (R. Portalis et H. Béraldi, Les Graveurs du dix-huitième siècle, D. Morgand et C. Fatout, 1882, t. III, p. 438-39). Dans la série de vulgarisation «Les Artistes célèbres» (Librairie de l'Art, G. Pierson et Cie) l'auteur du livre Les Cochin (S. Rocheblave ; 1893), tout comme celui qui a écrit Les Saint-Aubin (A. Moureau ; 1894) rendent hommage au talent de (re)découvreurs des Goncourt. On a longuement discuté (voir E. Launay, Les Frères Goncourt collectionneurs de dessins, Arthena, 1991) la question de savoir dans quelle mesure les Goncourt avaient redécouvert le XVIIIe siècle. On s'est moins interrogé sur leur rôle, indiscutable cette fois, de diffuseurs d'interprétations originales de l'art, d'un certain art, du XVIIIe siècle. Et sur leur fonction essentielle de conservateurs d'objets d'art qui sans eux eussent disparu, de pourvoyeurs de regards à porter sur eux.

Edmond en Vestale du temple ; Edmond sûr de son goût ; Edmond revivifiant le passé. Edmond, car si les auteurs de L'Art du dix-huitième siècle sont bien deux, Edmond remania et augmenta seul un texte qui, en effet, devait évoluer. Nul doute que le benjamin n'eût souscrit, pour l'essentiel, aux addenda, aux errata de l'aîné, reste que les notules sont bien de la main d'Edmond, instructives pour nous lorsque nous cherchons à déterminer la nature d'Edmond seul. Et combien il est intéressant de comparer La Maison d'un artiste où Edmond de Goncourt inventorie (le goût du classement, toujours) ses possessions et à L'Art du dix-huitième siècle écrit à deux, mais complété par les notules de l'aîné. En sachant que l'amour de l'art du dix-huitième siècle informe une grande partie de l'œuvre, Madame de Pompadour, par exemple, ou Madame Du Barry, La Femme au dix-huitième siècle : dans «Un aqua-fortiste» (Quelques créatures de ce temps), la rêverie d'Edmond, qui invente un dessin de Watteau…

Les Goncourt ont eu le privilège d'être attirés à la fois par l'art et l'écriture. Comme Fromentin. Pour eux, écrire et voir sont liés ; écrire pour donner à voir, mais aussi écrire sur ce qu'ils ont vu et faire entendre que voir est irremplaçable - paradoxe pour des écrivains ! Voir quoi ? des objets d'art, plus éloquents que les mots : «On a beaucoup écrit sur la tragédie, la grande tragédie du grand siècle. Et cependant, rien ne la dit, rien ne la montre comme une image, cette belle gravure des Comédiens français de Watteau» (Journal, 8 mai 1859). On ne peut s'arrêter là, les Goncourt ne s'arrêtèrent pas là. Sans doute il y a des degrés, peut-être même des différences de nature dans l'acte, réel ou accompli par l'imagination, de voir. De plus, nous ne voyons plus comme voyaient les Goncourt, ne serait-ce que parce que nous avons plus de connaissances qu'eux, mais aussi des manques inconnus d'eux - par exemple le fait que l'on ne puisse plus aller, en ami, chez un amateur qui posséderait un Chardin. Ce qui ne signifie pas que L'Art du XVIIIe siècle soit périmé. Au contraire ; on peut le lire, maintenant, comme une œuvre littéraire à part entière. Comme on lit les Salons de Diderot ou les Curiosités esthétiques de Baudelaire.

Une réserve : si nous lisons aujourd'hui L'Art du XVIIIe siècle dans l'édition Charpentier ou l'édition Flammarion-Fasquelle, nous ne disposons que d'une édition non illustrée. Et nous le regrettons. Faudrait-il reprendre les illustrations des anciennes éditions ? Mais elles sont périmées par leur technique. Faudrait-il innover et illustrer le texte en tenant compte des découvertes postérieures à la mort d'Edmond ? Ou selon nos propres goûts ? Montrer aussi bien ce qu'ils n'appréciaient guère (les estampes de Caresme) ou disaient ne pas apprécier mais connaissaient parfaitement (ce qui n'est pas notre cas) que ce qu'ils aimaient ? Montrer ce qu'ils aimaient mais que les convenances de l'époque leur interdisaient de rendre public, telle «La Chemise enlevée» de Fragonard, retirée de l'illustration de La Femme au dix-huitième siècle  pour être trop libre ?

Remarque désabusée : en remettant en vogue la recherche des dessins et gravures du XVIIIe siècle, les Goncourt ont fait eux-mêmes leur propre malheur. Cela est vrai pour Edmond : la rage qui s'empara des collectionneurs (les mauvais, les spéculateurs) finit par rendre presque impossible la possession d'estampes et tarit les sources d'approvisionnement.

     Pour conclure, on propose une hypothèse : Jules était un graveur doué, Bracquemond l'a reconnu, et l'on peut en juger par le recueil de ses eaux-fortes publié et préfacé par Philippe Burty. Edmond écrivit «Un aqua-fortiste» en hommage à Charles Méryon, graveur fantastique et halluciné (il fut interné au moins deux fois) de coins de Paris (Vues de Paris). L'intérêt que les Goncourt suscitèrent par leurs études sur les graveurs du XVIIIe siècle (les peintres-graveurs, mais aussi les vignettistes) n'a-t-il pas enrichi la gravure contemporaine de leur temps, en incitant les graveurs et les amateurs de gravures à regarder de nouveau les estampes du XVIIIe siècle ? Que leur doit la Société des Aquafortistes - fondée en 1862 ; avec une revue, devenue en 1868 L'Illustration nouvelle  ? Et L'Eau-forte moderne  (1874-1881) ? C'est une alliance nouvelle du XVIIIe siècle et du XIXe siècle que forgent les Goncourt, puis Edmond seul, en faisant illustrer leurs ouvrages (au risque, parfois, du pastiche, Edmond en est conscient) sur des thèmes ou des personnages du XVIIIe siècle par des graveurs contemporains - tel, par exemple, Lalauze.



 

ILLUSTRATION
Portrait de Watteau peint par lui-même.
Gravé par Boucher, pour servir de frontispice au premier livre des Figures de différents caractères… publiées par M. de Julienne.
Reproduit ici selon G. Dargenty, Antoine Watteau, Librairie de l'Art, 1891, p. 5.

 

 Retour à la table des matières