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1857
Edmond
et Jules de Goncourt, Portraits intimes du XVIIIe
siècle. Études nouvelles d'après les
lettres autographes et les documents inédits,
Paris, E. Dentu, in-12. Préface signée Edmond
et Jules de Goncourt, datée du 30 octobre 1856, dix
portraits : Louis XVI, Bachaumont, Beaumarchais,
l'abbé Leblanc, Doyen, Camargo, etc. [sic],
Dulaurens, Théroigne de Méricourt, Watteau,
Mademoiselle de Romans.
1858
Edmond
et Jules de Goncourt, Portraits intimes du XVIIIe
siècle. Études nouvelles d'après les
lettres autographes et les documents inédits,
deuxième série. Toujours chez Dentu,
même format, avec une couverture bleu clair. Dix
portraits, sans préface : Madame du Barry,
Caylus, Kléber, Piron, la duchesse de Chaulnes, Louis
XV enfant, Madame Geoffrin, le comte de Clermont, Le Bas,
l'abbé d'Olivet.
À la fin du volume,
on annonce (en préparation) une troisième
série de dix Portraits intimes du XVIIIe
siècle, qui ne sera jamais écrite.
N'existent plus que les noms des personnes qui auraient
dû être analysées : Montesquieu, les
Saint-Aubin, Joseph de Maistre, le prince de Conti, Cabanis,
Mademoiselle Duthé, Monvel, Drouais, Mademoiselle de
Lespinasse, Rivarol.
Avant de s'appeler
intimes, les Portraits étaient
qualifiés de nouveaux. Les Goncourt
avaient échoué à en placer certains
dans des journaux :
«Huit de
mes Portraits nouveaux, dont les meilleurs, m'ont
été refusés, il y a une huitaine,
par l'Assemblée nationale "à cause
des crudités". Ils m'ont été
refusés aujourd'hui par la Gazette de Paris
"à cause de leur longueur"»
(Journal, 14 octobre 1856).
Le titre définitif
est donné dans le Journal (25 décembre
1856), où l'on apprend que Dentu vient de leur
acheter les vingt portraits 300 francs. En 1887, Edmond
commente, amer : «deux volumes pour la fabrication
desquels nous avons acheté deux ou trois mille francs
de lettres autographes.» Après la parution du
premier volume (mars 1857), François Barrière,
lui-même éditeur d'une collection,
«Mémoires relatifs au XVIIIe
siècle», les «gronde de dépenser du
talent sur de trop petites choses», et les engage
à offrir au public non pas une «histoire neuve,
fine, exquise», mais des ouvrages «solides et
compacts, où il [le public] revoie des gens
qu'il a vus, où il entende des choses qu'il sait
déjà» : c'est alors, semble-t-il,
que les deux frères conçoivent l'idée
d'une biographie de Marie-Antoinette. Une personne unique au
lieu d'une galerie de portraits, une femme
célèbre au lieu de personnages
«oubliés ou dédaignés» par la
mémoire collective, une masse de documents
déjà connus, tout semblait opposer la
biographie de la reine aux Portraits intimes :
en fait, le refus des Goncourt d'emprunter les sentiers
battus et leur talent littéraire original
empêchera que les vux de Barrière soient
exaucés, Marie-Antoinette ne sera un livre ni plus
commercial ni plus complaisant que les Portraits intimes
du XVIIIe siècle.
1878
Portraits
intimes du dix-huitième siècle, par Edmond
et Jules de Goncourt, Études nouvelles
d'après les lettres autographes et les documents
inédits, Charpentier, Paris, un volume in-12 qui
rassemble, avec des changements, les deux séries de
1857 et 1858. Le livre est dédié à
Claudius Popelin.
La préface de la
première édition est donnée une seconde
fois, toujours signée par Edmond et Jules, toujours
datée du 30 octobre 1856, mais Edmond a
intégré à la préface proprement
dite ce qui, en 1856-1857, était
présenté comme un ajout : «Nous
tentons de reconstruire
», il a fait quelques
petites corrections, récrivant un paragraphe :
«Seule, la lettre autographe fera toucher du doigt
[
] l'action des sensations» est
devenu : «[
] la tyrannie des
sensations». «Seule, elle dira les penchants, les
goûts, les inclinations, les instincts, secret conseil
où se règlent les passions de l'homme» a
été corrigé en : «Seule
[
], le secret conseil où se
règlent les actions de l'homme.» Dans la phrase
suivante, «Seule elle dira le pourquoi et le comment de
cet acte, de cette uvre», l'expression «de
cet acte» a été supprimée. Edmond
a écrit en italique «oubliés et
dédaignés», pour souligner l'allusion
au livre de Monselet, et, bien entendu, les «dix
portraits» sont devenus «vingt».
- Les chapitres
supprimés sont ceux consacrés à
Watteau, Madame du Barry, la Camargo. Les
Les chapitres ajoutés traitent de Lagrenée
l'aîné, Collin d'Harleville, la comtesse
d'Albany. Un appendice contient des lettres diverses.
Edmond y a publié en vrac des lettres autographes
découvertes et recopiées en Italie par
Jules et lui-même, en 1855 et 1856. Ces documents
auraient dû servir à d'autres notices ou
biographies d'une vie entière, qui ne furent
jamais mises en chantier - tant il est vrai qu'utiliser
tous les documents que l'on a rassemblés est
impossible.
Ajoutons que la
première série des Portraits, chez
Dentu, s'ouvrait sur la notice sur
Louis XVI,
présenté en défendeur des droits des
hommes de lettres, alors que la première notice de
l'édition Charpentier est «Louis XV
enfant», l'ordre étant devenu plus ou moins
chronologique.
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