(1) athéisme instinctif et naturel
«La religion, c'est des bêtises», répondait un Japonais au baron Hubner l'interrogeant sur la religion de son pays.
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(2) de grosses joies
Une caricature donne à voir les dieux de l'Olympe japonais en histrions ambulants. Benten raccommode les loques de la troupe pendant les intermèdes, et dans les représentations joue du luth. Daikoku l'accompagne de son maillet, et les rats de ses sacs de riz, dressés à des tours de saltimbanques, montent autour du bâton de voyage de Fukuroku-jïu qui fait le boniment.
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(3) cet ivoire est signé
Je dois la traduction des signatures d'artistes japonais à l'obligeance de M. T. Otsouka, l'auteur d'un important travail, encore inédit, sur les légendes mythologiques et historiques de son pays, reproduites par les objets d'art : travail qu'un éditeur parisien devrait bien publier!
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(4) moules et coquillages
Le peuple japonais est presque absolument ichthyophage, et l'introduction des boucheries est de date toute récente.
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(5) ce vieux Japon d'une monotonie
Il y a bien encore l'ancien Japon première qualité coloriée ; mais est-ce bien sûr que ce vieux Japon ne soit pas une initiation d'un plus vieux Chine ?
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(6) affranchissement de l'art chinois
À la note envoyée par le Japonais Narushima à M. Bergerat, un livre tout récemment publié en Ang1eterre : «Fuyaku Hiyokukei : A hundred wiews of Fuji (Fusi-yama) par E. Dickins, London 1880», ajoute quelques renseignements sur la vie et l'œuvre d'O-kou-sai.

O-kou-sai serait né en 1760, et aurait eu pour père un fabricant de miroirs de métal, nommé Nakajima Isé. On trouve, dans le travail de M. Dickins, la confirmation des nombreux changements de noms de l'artiste, et entre autres de son premier nom d'Hotteyimon Miuraya, venant de la maison de Honjo, le quartier de Yédo, où il était né, et encore de son nom de Saitô, sous lequel il est dêsigné dans le quatrième cahier du MANGUWA. Le livre anglais parle également des nombreuses illustrations des romans de son ami Bakin, le Walter Scott du Japon, et dont il illustra le «Satomi Hakenden» en quarante volumes. O-kou saï serait mort, d'après M. Anderson, en 1849, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans, mais la publication du Fusi-yama en 1834, annoncée comme une publication de feu O-kou-saï, dément cette assertion, et doit faire adopter la tradition qui le fait mourir en 1834, à l'âge de soixante-quatorze ans.

O-Kou-sai est le fondateur de l'école de Katsushika, dont les productions ukijo-yé peuvent se traduire par «les peintures du monde passant». L'œuvre capitale d'O-kou-sai, publiée entre 1810 et 1820, est sa suite des quinze cahiers (n'est-ce pas quatorze ?} portant pour titre : MANGUWA, ou Esquisses de premier coup.

Les préfaces en téte de chacun de ces cahiers sont curieuses, et je vais en donner quelques extraits. Voici la préface du premier cahier : «L'apparence extérieure et les gestes des hommes rendent abondamment l'expression de leurs sentiments de joie et de désappointement, de souffrance et de réjouissance. Les collines et les torrents, et les arbres et les herbes, ont également chacune [sic] une nature particulière. Et en même temps, les bêtes, les oiseaux de l'air, les insectes, les reptiles, les poissons, contiennent tous en dedans d'eux une essence vitale, propre à chacun d'eux, qui réjouit nos cœurs, lorsque nous reconnaissons une telle abondance de joie et de bonheur dans le monde. Cependant, avec les changements de lieux et de saisons, tout s'évanouit, tont disparaît. Comment donc transmettre aux âges futurs, et porter à la connaissance des hommes, éloignés par des milliers de lieues, l'esprit et la forme de toute la joie et le bonheur que nous voyons remplissant l'univers ? L'art seul peut perpétuer la réalité vivante des choses du monde, et le vrai art, le seul qui habite les hauteurs du génie! Le rare talent d'Hokusai est connu par tout le pays. Cet automne, pendant son voyage vers l'Ouest, le Maître, par une bonne fortune inespérée, a visité notre ville, et là, pour le délice des deux hommes, a fait la connaissance de Bokusen de Gekko (Maison du clair de lune), sous le toit duquel plus de 300 compositions furent projetées et exécutées. Les choses du ciel et de Boudha, la vie des hommes et des femmes, oui même les oiseaux et les bêtes, les herbes et les arbres, tout fut essayé, et le pinceau du maître retraça toutes les phases et toutes les formes de l'existence. Depuis quelque temps le talent de nos artistes diminuait, la vie et le mouvement manquaient à leurs productions, et leur exécution était de beaucoup inférieure à leurs conceptions. On ne manquera pas de reconnaître l'admirable puissance des esquisses présentées ici, toutes ébauchées qu'elles soient. Le Maître a essayé de donner la vie à tout ce qu'il a peint, et son succès éclate dans la joie et le bonheur qu'il a si fidèlement exprimés. Qui pourra ajouter à son œuvre ? Pour l'étudiant aspirant à l'art, cette collection est un guide, un instrument inestimable. Le titre de Mangawâ, esquisses de premier coup, a été choisi par le Maître lui-méme. «Écrit par Keijin de la maison Hanshu à Beroka en Owari (dans l'année 1812) pendant la période Bankuwa, au temps où les lettres florissaient

Le préfacier du cinquième cahier dit : «La fleur des jardins de pruniers, la fleur de cerisier de Sudadzutsumi, les festons de fuji (wistaria) de Kamedo, les fleurs de hadji (lespedeza) de Yanagishima (l'île des Saules), les asters et les chrysanthèmes de Tarashima (l'île des Temples), ces cinq lieux de plaisance bien connus à Katsushika, sont visités par des foules, dans les saisons de floraison du printemps et de l'automne, qui remplissent les chemins, discutant, par petits groupes, les beautés qu'ils viennent de contempler. Par là demeure le Maître Hokusai, depuis son enfance ; et sa renommée est maintenant tellement répandue que sa gloire est arrivée à surpasser celle de toute la fragrance des cinq jardins dans toute leur floraison.»

Le préfacier du septième cahier dit : «Ils me disent comme quoi ils ont traversé hier le Fukagava à Hirohata, où les.hommes prient le dieu Tametomo, comme quoi ils sont allés aujourd'hui écouter le coucou, s'ébattant parmi les arbustes de Asaji-hara et Hashiba,et me parlent de beaucoup d'autres choses agréables. Et maintenant mes amis voudraient bien que je me lève de mon siège près de la fenêtre, où j'ai paressé toute la journée, pour m'en aller avec eux.… Doucement, doucement…, je suis debout et parti… Je vois les innombrables feuilles vertes trembloter à la cime des arbres feuillus, j'observe les nuages floconneux dans le ciel bleu se groupant fantastiquement en toutes sortes de formes déchirées… Je marche, de-ci de-là, indolemment, sans volonté et sans but... A présent je traverse le pont des Singes, et j'écoute comme l'écho renvoie les cris sauvages des grues… Me voici dans le champ de cerises d Owari… A travers les brouillards qui traînent sur les rivages de Miho, je vois les célèbres pins de Suminoye… Maintenant je suis debout en tremblant sur le pont de Kameji, et je regarde avec étonnement la gigantesque plante de fuki (pétasites)… Ceci est le rugissement de la cataracte vertigineuse d'Ono… Un frisson me traverse. Ce n'est qu'un rêve que j'ai rêvé, couché près de la fenêtre, avec ce volume du Maître, comme oreiller sous ma tête.»

Enfin, dans le huitième cahier du MANGUWA, le préfacier fait dire, par Hokusai, à ses élèves qui lui demandaient de publier ses croquis pour leur instruction : «On n'enseigne pas l'art, vous n'avez qu'à copier la nature pour devenir un artiste.» [RETOUR AU TEXTE]

(7) aux gages des princes
Cette génération, dont il reste encore quelques octogénaires, est en train de s"éteindre tous les jours ; et quand elle sera complètement enterrée, la main-d'œuvre artiste n'existera plus au Japon.
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(8) un abricotier
Promenade autour du monde, par le baron de Hubner, Hachette,1873.
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