25 juillet 2003

 
 

Le Divan Lepeletier

G O N C O U R T

 

«J'ai été avec Scholl au Divan de la rue le Peletier. C'est un petit mauvais lieu fort bête. […] Scholl paye des cigares et de la bière; on fait un mistron, il perd cinq francs, dix francs; il est onze heures et demie, le garçon éteint le gaz. À minuit, la bande s'en va.»

Journal, 30 mai 1856

 

Le Divan Lepeletier


S C H O L L

 

«L'origine du mistron se perd dans la nuit des temps.

Le mistron est une variété du trente-et-un qui contribue beaucoup à conduire les poètes à l'hôpital.>
[…]

L'aile gauche du Divan se distinguait, il y a quelques jours encore, par la variété des inscriptions dont les murailles étaient couvertes.
[…]

Puis l'épitaphe des frères Goncourt :

 

Edmond et Jules dort ici;
Le caveau froid est sa demeure;
Tous deux est mort à la même heure,
Sa plume est enterrée aussi.
Le trépas est comme une trappe
Qui s'ouvre et ferme tout à tour.
Bien vite hélas! il nous attrape,
Quand le cruel sur ses gonds court!»

 

 

Le texte de Scholl, publié au Figaro, fut recueilli dans :

Aurélien Scholl,
La Foire aux artistes. Peties comédies parisiennes.

Poulet-Malassis et de Broise, 1859, p. 116.

Détails d'une gravure d'Alphonse Descaves (Edmond à gauche, Jules à droite) exécutée d'après une photographie de l'un des deux frères Tournachon (Nadar, bien sûr).

 
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