les Goncourt
et
Gustave Brunet
En note, Ricatte
(éditions R. Laffont, «Bouquins»,
t. I, p. 852, n. 3)
écrit : «Cette lettre
intégralement scatologique ne figure pas dans la
Correspondance complète de la duchesse
d'Orléans, née Palatine (2 vol. in-18,
1857)[
]» Eh
bien si! la lettre
figure dans cette édition, où Gautier,
Edmond et Jules de Goncourt et les autres (Flaubert, par
exemple) ont pu la lire. Elle se trouve simplement
renvoyée à la fin du deuxième tome
(p. 385), et n'est donc pas classée
chronologiquement, à l'instar des autres
lettres. Ce
livre, la Correspondance [dite]
complète de
la princesse Palatine a été
édité par Gustave Brunet, qui a
rassemblé, tâche de longue haleine, les
lettres, et les a traduites de l'allemand. La lette
scatologique fut, elle, écrite en français,
mais Brunet en a rétabli l'orthographe et l'a
modernisée. À la suite de cette lettre, la
réponse, sur le même ton, de Sophie de
Hanovre, d'où l'on pense que les deux lettres
furent un exercice de style, peut-être
inspirées du chapitre des Torche-culs de Rabelais,
mais rien n'est moins sûr. «Une gageure»,
en tout cas, dit Brunet, qui présente les deux
lettres avec circonspection : «Nous avons
hésité à reproduire les deux lettres
suivantes, qui se trouvent en français dans le
volume allemand publié en 1789
[
]». La lettre de
l'électrice de Hanovre, datée du 31 octobre
1694, débute ainsi : «C'est un plaisant
raisonnement de merde que celui que vous faites sur le
sujet de chier, et il paraît bien que vous ne
connaissez guère les plaisirs, puisque vous
ignorez celui qu'il y a à chier,
[
]» et se termine par cette
phrase : «J'espère
qu'à présent vous vous dédirez
d'avoir voulu mettre le chier en si mauvaise
odeur, et que vous demeurerez d'accord qu'on aimerait
autant ne point vivre que ne point
chier».
Au
restaurant Peters,
les Goncourt dînent en compagnie de Claudin et
Théophile Gautier, et voilà Gautier
à lapider Louis XIV «comme à coups
d'étrons» : « [C'est Gautier
qui parle] "Un porc grêlé comme une
écumoire! [
] Toujours à
manger et à chier
C'est plein de merde, ce
temps-là! Voyez la lettre de la Palatine sur la
merde
"» (Journal, 23 août
1862).
ILLUSTRATION
Image extraite de Dissertation sur
un ancien usage,
par Mr.** L'UN DES SEPT (1743) p. 10.
Reprint par L'Imprimerie Union, Paris, 1980.
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Sortons du domaine
scatologique; accordons à la
princesse Palatine l'intervention d'un porte-coton princier, et
passons à Gustave Brunet.
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Pierre Gustave Brunet, qu'il ne faut pas confondre avec Jacques Charles Brunet (1780-1867), l'auteur du Manuel du libraire, est né à Bordeaux en 1807. Il empruntait parfois le pseudonyme de Philomneste Junior, par référence à Peignot, dont le pseudonyme était Philomneste. Parmi ses nombreux essais, Les Fous littéraires (réimprimés en 1970), Imprimeurs imaginaires (1866), Livres perdus (réimprimés en 1973), Sur les Bibliothèques imaginaires. Il a publié, sous le pseudonyme «Bibliophile de Cabinet» (on va comprendre, en lisant le titre, pourquoi ce nom), une Anthologie scatologique, recueillie et annotée par un Bibliophile de Cabinet, À Paris, près Charenton, chez le libraire qui n'est pas triste [J. Gay], imprimé en l'ère du Carnaval de 1000800602 [1862]. |