(Rothomago)

Rothomago, féerie à grand spectacle en 25 tableaux (5 actes dont un prologue) par d'Ennery, Clairville et Albert Mounier, première représentation au Théâtre impérial du Cirque, le 1er mars 1862. Les Goncourt assistent à la première, tout comme Saint-Victor, Gisette (d'Ennery), Gautier, Jeanne de Tourbey (Mme de Loynes), Peyrat, Claudin. Ce soir-là, Jules et Pauline Mercier, danseuse de l'Opéra, fleuretèrent (voir le Journal, 1er mars 1862). [Retour au texte]

(j'ai trois femmes dans ma loge)

Goncourt recopie le Journal (1er mars 1862) : «À un entracte, je sors. Gautier m'accroche le bras sur le boulevard, s'appuie dessus et nous fumons en causant : "Voilà comme j'aime le spectacle… dehors! [etc]» [Retour au texte]

(Fournier)

Marc Fournier était le célèbre directeur de la Porte Saint-Martin. Les propos sur Fournier sont transcrits par les Goncourt dans leur Journal, un peu plus tard, le lundi 3 mars 1862, lorsqu'ils vont chez Théo, 32 rue de Longchamp à Neuilly, pour lui remettre des fascicules de L'Art du XVIIIe siècle. [Retour au texte]

(Le Pied de Mouton)

Une nouvelle version du Pied de Mouton (féerie mise en scène par les frères Cogniard à partir de celle de Martainville et Ribié) fut donnée au théâtre de la Porte Saint-Martin, le 8 septembre 1860.[Retour au texte]

(tu es un civilisé)

Edmond place à la suite des paroles de Gautier lors de la première de Rothomago, d'autres propos, qui furent tenus chez Peters, le 23 août 1862 : «Claudin arrive chez Peters dîner à côté de nous; Gautier, qui revient d'inaugurer les chemins de fer algériens, furieux contre les chemins de fer, qui abîment les paysages, le progrès, les utilitaires, la civilisation qui regarde les Arabes comme des sauvages, les ingénieurs, les élèves de l'École Polytechnique, tout ce qui met dans un pays une saine édilité : "Toi, dit-il en se tournant vers Claudin, tu es heureux, tu aimes tout cela, tu es un civilisé. Nous, nous trois, avec deux ou trois autres, sommes des malades… Nous ne sommes pas des décadents, nous sommes des primitifs… Non, encore non, mais des particuliers bizarres, indéfinis, exaltés… [Non, encore non… exaltés, addition de 1887] Il y a des moments où je voudrais tuer tout ce qui est, les sergents de ville, M. Prudhomme et M. Pioupiou, toute cette cochonnerie-là… Non, je te parle sans ironie, je t'envie, tu es dans le vrai. Tout cela tient à ce que tu n'as pas comme nous le sens de l'exotisme… As-tu le sens de l'exotisme ? Non, voilà tout… Nous ne sommes pas Français, nous autres, nous tenons à d'autres races. Nous sommes pleins de nostalgie… Et puis, quand à la nostalgie d'un pays, on joint la nostalgie d'un temps, comme vous du XVIIIe siècle par exemple, comme moi de Venise, n'est-ce pas, avec embranchement sur Chypre, oh! alors, c'est complet… Venez donc un soir chez moi. Nous causerons de tout cela longtemps.Nous serons tour à tour, chacun de nous trois, Job sur son fumier et ses amis."» Journal, 23 août 1862 [Retour au texte]

(le dîner Magny)

Gautier y assista pour la première fois le 11mai 1863. [Retour au texte]

(la tribaderie)

Voir le compte rendu du dîner Magny du 22 juin 1863. Les points de suspension ne servent pas à censurer des détails sur les tribades, mais taisent d'autres comportements sexuels : «[Chez les bourgeois] La tribaderie est à l'état normal, l'inceste en permanence et la bestialité… [Retour au texte]

(l'insénescence du sens intime)

C'est au dîner Magny du 11juin 1872 : «On parle de l'insénescence du sens intime». Ce jour, on évoqua aussi le Groënland, les momies égyptiennes, mais point du torse du Vatican. Et aucune plaisanterie scatologique. [Retour au texte]

(un toast à Sakia-Mouni)

Ce toast fut porté à un dîner Magny du 20 juillet 1863. Tous les autres propos qui suivent furent tenus à des dates différentes, contrairement à ce que l'on pourrait croire en lisant la seule préface. Par exemple, la description de Nohant fut faite le 14 septembre 1863.[Retour au texte]

(le gilet rouge)

Ce passage est recopié sur le Journal du 20 juillet 1863 à peu près à l'identique. «J'ai chanté l'antiquité» était précisé par : «dans la préface de la MAUPIN». [Retour au texte]

(Un jour Théo)

C'était à un dîner Magny, le 9 avril 1866. Le convive interrompu est Taine. À partir de «Plus on se dépense» juqu'à «480», Edmond recopie le Journal. Le mot que l'on imagine populaire, tubé, est une transcription de tâté, dans le Journal : «Lecour m'a un peu tâté comme ça».[Retour au texte]

(tête deTurc)

Une tête de Turc est un dynamomètre que l'on produisait dans les fêtes foraines. Le passage de la préface reprend un extrait du Journal du 9 avril 1866. Le 9 mai 1864, Gautier dit amener 357 sur la tête de Turc. [Retour au texte]

(Théo à Taine)

Propos tenus le 22 juin 1863, lors d'un dîner Magny. [Retour au texte]

(Ratbert)

Première série de la Légende des siècles (septembre 1859) VII, L'Italie-Ratbert. Un peu plus bas, les mots de Gautier sur Hugo, «poète des fluides», ne furent pas tenus ce jour-là, contrairement à ce que l'on croirait si l'on s'en tenait à la préface.[Retour au texte]

(Un jour)

C'était le 11 mai 1863, à un dîner Magny. Cejour-là (ce ne sera pas le seul, voir aussi le 21 décembre 1863), Gautier fit part de son sentiment sur Pascal : «Un pur cul». [Retour au texte]

(Michelet)

La fistule anale de Louis XIV, dont il sera question plus loin, avait été signalée par Michelet (Histoire de France, livre VII, chapitre 17, vers la fin). Sainte-Beuve s'indignait, chez Magny : «Cet homme [Michelet] qui n'a trouvé pour Louis XIV que Avant la fistule et Après la fistule…» (Journal, 31 janvier 1863). [Retour au texte]

(lettre de la Palatine)

Cette lettre fort célèbre, de la princesse Palatine à sa tante, Sophie de Hanovre, est datée du 9 octobre 1694. Edmond cite ici le Journal (23 août 1862) : «Puis Gautier monte au soleil du temps, à Louis XIV, et le voilà à le lapider comme à coup d'étrons, avec un flux qui fait couler de sa bouche, comme de source, un flot de touches à la Rabelais, un portrait où Duchesne se mêle à Michelet et à Jordaens : "Un porc grêlé comme une écumoire! Et petit : il n'avait pas cinq pieds, le Grand Roi… Toujours à manger et à chier… C'est plein de merde, ce temps-là! Voyez la lettre de la Palatine sur la merde… Un idiot avec cela, et bête!… [etc.]» [Retour au texte]

(les épinards)

Ces fameux épinards furent mangés chez Gautier, à Neuilly, le vendredi 17 juillet 1863. Tout ce passage de la préface est recopié sur le Journal, à cette date.[Retour au texte]

(Saint-Gratien)

On lira dans le Journal, à partir du dimanche 22 octobre 1871, le récit du séjour à Saint-Gratien de Gautier. [Retour au texte]

(Claudius Popelin)

Claudius Popelin, Cinq octaves de sonnets, Lemerre, 1875, in-4°, 147 pages.
Bergerat, dans Théophile Gautier, cite un autre livre de Popelin : «Dans la préface charmante d'un livre malheureusement non mis dans le commerce, M. Claudius Popelin, l'émailleur-poète, a tracé un fidèle tableau des soirées de Saint-Gratien et aussi un portrait ressemblant de Théophile Gautier chez la princesse» (p. 18, n. 1). [Retour au texte]

(l'auteur des Tableaux du Siège)

Gautier, bien sûr, qui «s'est réfugié de Neuilly à Paris, rue de Beaune, au cinquième, dans un logement d'ouvrier.» (Goncourt, Journal, 12 février 1871) [Retour au texte]

(à un dîner chez la princesse Mathilde)

Ce dîner eut lieu le 2 janvier 1867. [Retour au texte]

(dîner chez Flaubert, en 1872)

Ce dîner eut lieu le samedi 2 mars 1872. Curieusement, Goncourt a interverti, dans la préface, les propos de Gautier sur les prétérits trépassés et ceux de Tourgueniev sur l'odeur de néant. [Retour au texte]

(Ricord)

Gautier consulte Ricord le 14 mars 1872, on le sait par le Journal.[Retour au texte]

(un autre homme célèbre)

Gavarni. Tout le passage, de Ricord à Platon, vient du Journal, 14 mars 1872.[Retour au texte]

(l'écrivain était bien malade)

Le passage qui suit vient du Journal (8 mai 1872). [Retour au texte]

(un des derniers déjeuners)

Gautier venait d'avoir une attaque, et il déjeune chez Goncourt le samedi 6 juillet 1872. Le début du paragraphe de la préface est recopié sur le Journal, comme les propos sur l'huile, le miel, les voyages, la poésie qui doit être écrite quand on est jeune. Mais ce qu'Edmond a placé en premier (les fèves) et en dernier (un Anacréon triste) a été prononcé en d'autres jours : les fèves de Pythagore, le 16 mars 1872, et «Anacréon triste», le 8 mai 1872. [Retour au texte]

(un voyage en Allemagne)

Edmond part de Paris pour la Bavière, le 3 août 1872. Il va passer un mois dans le Tyrol bavarois avec Édouard de Béhaine. À son retour à Paris, il apprend la mort de Gautier en lisant un journal, le 24 octobre 1872 (voir le Journal). [Retour au texte]

(Bergerat me fait entrer)

La description de Gautier sur son lit de mort vient du Journal (24 octobre 1872). Dans le Journal déjà, le morceau est travaillé, littéraire; Goncourt pensait sûrement qu'il aurait à l'employer plus tard. [Retour au texte]

(la lettre rabelaisienne)

C'est la célébrissime lettre à la Présidente (Madame Sabatier). Les Goncourt en entendirent la lecture faite par Saint-Victor, lors d'un dîner dominical chez Mario Uchard. Leur commentaire est, lui aussi, un morceau littéraire : «Le dessert est la lecture par Saint-Victor du voyage pornographique de Gautier, de Genève à Rome par Venise, en une lettre de huit pages à Mme Sabatier, la chanteuse, qu'il appelle la Présidente. Du de Sade, du Michel-Ange, du Saint-Amant, du Titien, du Régnier, du Teniers, du Ricord; du chaud, du cru, du dru, du fauve, de la merde! Tous les ruts de la pensée, l'été à midi, dans un bois; le CANTIQUE DES CANTIQUES du sperme, un phallus charbonné par un satyre sur un pan de Paros. Tout cela est là, dans un lyrisme à poil, dans une langue barbotante dans un bruit de cuvette et de foule se culetant aux temples antiques! Et de tout cela, de cette fanfaronnade bandante, le narrateur sorti vierge : c'est son compagnon de voyage, Cormenin, qui tout le temps a baisé pour lui.» (Journal, 13 décembre 1857) [Retour au texte]

(ce caractère mérovingien)

«Ses cheveux d'un châtain foncé, qui faisaient admirablement valoir son teint mat et ses yeux noirs, comparables à ceux d'un Mérovingien, lui descendaient ordinairement jusqu'à la ceinture.» (E. Feydeau, Théophile Gautier. Souvenirs intimes d'Ernest Feydeau, Plon et Cie, 1874, ch. III, p. 12). [Retour au texte]

 

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