Rabelais et les yokaï
Rappelez-vous
les yokaï que l'on a pu voir lors de la belle
exposition de la Maison du Japon, au mois de novembre
2005.
Mais les tanuki, ils sont dans Rabelais! Au commencement
du monde, après le meurtre d'Abel, quand la
mi-août fut au mois de mars et la semaine eut trois
jeudis, autant dire l'année des nèfles, les
hommes en mangèrent trop, de ces nèfles. Si
bien que l'on vit d'étranges
phénomènes. Laissons la parole à
Rabelais.
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«[Ils] enflèrent en longueur par le membre qu'on nomme le laboureur de nature : en sorte qu'ils l'avaient merveilleusement long, grand, gras, gros, vert, et acrêté*, à la mode antique, si bien qu'ils s'en servaient de ceinture, le redoublant à cinq ou six fois par le corps. Et s'il advenait qu'il fut en point et eut vent en poupe, à les voir eussiez dit que c'était gens qui eussent leurs lances en l'arrêt pour jouter à la quintaine**. Et d'iceux est perdue la race, ainsi comme disent les femmes. Car elles lamentent continuellement qu' Il n'en est plus de ces gros, etc., vous savez le reste de la chanson. Autres croissaient en matière de couilles si énormément, que les trois emplissaient bien un muy. D'iceux sont descendues les couilles de Lorraine, lesquelles jamais ne habitent en braguette, elles tombent au fond des chausses» (Rabelais, Pantagruel, premier chapitre, «De l'origine et antiquité de Pantagruel»). Les "couilles de Lorraine" ont beaucoup frappé Rabelais, ou est-ce un private joke ? «[
] les
horrifiques couilles de Lorraine, lesquelles à bride
avalée descendent au fond des chausses, abhorrent le
manoir des braguettes hautaines, et sont hors de toute
méthode : témoin Viardière le
noble Valentin, lequel un premier jour de mai, pour plus
gorgias*** être, je trouvai à Nancy,
décrottant ses couilles étendues sur une
table, comme une cape à l'espagnole»
(Rabelais, Le Tiers Livre, ch. VIII,
«Comment la braguette
»).
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