Les
Goncourt, ou
«la
brisure du caprice»
L'année
de la mort d'Edmond de Goncourt (1896), parut en librairie
un recueil de portraits littéraires, par Michel
Salomon : Études et portraits
littéraires. Au milieu de Taine, Barbey
d'Aurevilly, Séverine, Amiel, voici Edmond et Jules
de Goncourt. L'étude est consciencieuse, très
fine, et en 2006, rien n'y est retrancher. Michel Salomon annonce la
couleur dès le titre : les Goncourt sont,
à ses yeux, des impressionnistes à la
manière de Georges Seurat (1859-1891). Il aurait pu
ajouter Paul Signac, mais sans doute ne l'a-t-il pas fait
car Signac, né en 1863, était plus jeune et
peut-être moins connu, en 1896, que Seurat. Dans la
«langue de brusqueries et de secousses» des deux
frères, Salomon voit une «prose zigzaguante,
déconcertante, une prose d'impressionnistes qui
veulent tout traduire de leurs sensations, surtout le
compliqué, l'exquis, l'intraduisible».
L'étude, semble-t-il, a été
écrite lors de la sortie en libraire (1894) de
L'Italie d'hier, que Salomon situe avec précision
dans le parcours d'écrivains des deux frères.
Un livre «impressionniste», dit-il,
impressionniste dans sa structure, bien que
l'impressionnisme pictural et a fortiori le
néo-impressionnisme soit encore à naître
lorsque les Goncourt écrivaient leurs notes d'Italie,
et le remplissaient de dessins et d'aquarelles. Pour lire l'étude de
Michel Salomon, veuillez cliquer
ici.
