37.- Edmond de GONCOURT [Nancy,
1822 - Champrosay, 1896], romancier et
mémorialiste. LAS, [Auteuil], 20 juillet
1883, à Philippe Sichel, fils de son amie Madame
Sichel ; 1 p. in-8°. Il lui demande de passer chez
le photographe Fernand Lochard et de lui dire qu'il est
allé chez lui la semaine précédente
sans pouvoir le voir. « Vous lui demanderez
s'il a fait un grossissement d'un portrait de
mon frère, et vous lui payerez, je
crois que c'est vingt francs. » Goncourt
lui demande ce service car il doit partir pour Saint Jean
d'Heurs et qu'il n'a plus le temps d'aller à
Paris. « Remettez le daguerréotype et
le grossissement à votre père chez lequel
je le prendrai en revenant à
Paris
».
Goncourt évoque ici certains des travaux qu'il a
confiés à Fernand Lochard, cité une
seule fois dans le Journal. C'est ce photographe
peu connu mais talentueux que Goncourt avait
chargé de photographier son appartement. Lochard
prit dix- huit clichés. A la date du 3 juillet
1883, Edmond écrit dans son journal :
« Lochard photographie des coins de mon
intérieur. En regardant l'épreuve de ma
salle à manger, où je vois, par la porte
entrebâillée, la cheminée de mon
petit salon, je suis émerveillé de la
justesse des ombres dans les pièces du fond et en
retrait de Pierre de Hoogh. »
VENDUE
38.- Edmond de GONCOURT. LAS, s.d.
[Vichy, 9 juin 1893], au même, qu'il
appelle désormais, dix ans plus tard,
« mon cher petit » ; 1 p.
in-8° écrite au verso d'une invitation du
Théâtre-Libre (10,7 x 16,2 cm) ; petits
manques en haut à gauche et en deux endroits de la
marge inférieure. Goncourt, qui a quitté
Paris pour Vichy le 27 mai, lui offre, si cela peut
l'amuser, sa loge d'avant-scène du
Théâtre Libre pour le lundi 12 juin. Au
programme, Mariage d'argent, d'Eugène
Bourgeois, La Belle au Bois Rêvant de
Fernand Mazade, et Ahasvère de H.
Heyermans. Il lui donne ensuite des nouvelles de sa
santé : « Dis à ta
mère que j'ai attrapé le douzième
jour sans la crise, mais je suis très faible, et
entre nous j'ai le pipi tout à fait
alcalin, ce qui fait modérer le
traitement. Mon jeune compagnon [il s'agit de
Maurice Pottecher, rencontré aux eaux]
attend ce soir une élève du
Conservatoire [elle arrivera ce 9 juin par le
train de cinq heures, nous apprend le
Journal] ; ça fait que je vais
vivre en assez mauvaise compagnie pendant deux jours, aux
yeux des bourgeois de l'endroit. » Il lui
dit encore d'apprendre à sa mère qu'il a en
perspective le procès que veut lui intenter
« un monsieur Faustin qui m'interdit de
faire une pièce portant le titre de
l'héroïne de mon roman. »
Goncourt évoque longuement cette affaire
consternante dans son journal à la date du 8 juin.
Il cite intégralement la lettre qu'il a
écrite à cet armateur de La Rochelle qui
n'a pas oublié de préciser sur sa carte de
visite qu'il est chevalier de la Légion d'honneur.
VENDUE
39.- Edmond de GONCOURT. LAS,
s.l.n.d., à Madame Sichel ; 1 p. in-8° (tache
d'humidité). On lui a fait violence,
« et si je suis sur mes pieds, il faut que
j'aille dîner chez les Daudet où je
dîne tous les ans ce jour. Je ne vous parle pas
d'aller vous souhaiter à votre table la bonne
année mardi ou mercredi où je ferai du chez
moi pour me reposer, mais si samedi, vous n'avez pas du
monde à dîner, je serai votre
convive
».
Joint : une seconde LAS du même à la
même, datée d'avril 1887, à
l'état d'épave (importante
déchirures mais peu de manques, papier très
fragilisé par l'humidité) ;1 p.
in-8°. Goncourt lui aussi paraît être
dans une condition bien fragile quand il écrit
cette lettre à son amie : « Je le
suis un petit peu mais rien qu'un petit peu. Par exemple
les Daudet n'ont pas joui d'un bel organe. Je vous
demande bien pardon de tout le tracas que je vous cause,
mais voilà ce que c'est que d'avoir pour amis des
vieux comme moi
»
60 euros