15 octobre 2002

Les Goncourt à Neufchâteau et à la Poste

 

La Poste rend un hommage indirect aux Goncourt! Depuis le 14 octobre 2002, vous pouvez acheter un timbre à 0,46 euros, représentant la maison de Neufchâteau qui avait appartenu à l'oncle paternel d'Edmond et Jules de Goncourt, et qui se trouve dans les Vosges.

 

L'arrière-grand-père d'Edmond et Jules, Antoine Huot (1731-1809), avait acheté le titre de seigneur de Noncourt et de Goncourt au chevalier Antoine de Mouginot. Le fils d'Antoine, Jean-Antoine (1753-1832), eut deux fils, Pierre-Antoine-Victor, qui mourut en 1857, et Marc-Pierre, mort en 1834, le père d'Edmond et Jules. La maison de Neufchâteau fut achetée en 1816 par Pierre-Antoine-Victor, dit «l'oncle Victor», et son père, Jean-Antoine, vint mourir dans la maison de son fils.

Jean-Antoine, le grand-père d'Edmond et Jules, qui fut député du Bassigny-en-Barrois à la Constituante, puis magistrat à Neufchâteau, possédait de son côté un château à Sommerécourt, à 4 kilomètres à l'est du village de Goncourt (Haute-Marne) - «le château de notre grand-père, avec son rideau de peupliers et son ruisseau à écrevisses» (Journal, 22 juillet 1857).

Edmond et Jules de Goncourt connaissaient bien la maison de Neufchâteau, celle du timbre, «ce joli modèle bourgeois de l'hôtel du XVIIIe siècle», avec sa «façade de pierres de taille toute fleurie et égayée de rocaille et de fleurs», et «les grandes chambres, l'escalier de pierre à repos». Ainsi Jules décrit-il la maison familiale, où il s'était rendu (avec Edmond, bien sûr!) pour l'enterrement de leur oncle, au mois de juillet 1857. De cette maison, les Goncourt aimaient surtout la serre, «une merveille, la serre, avec ses mansardes et ses statues de pierre […], et le dessus de la porte, une face du gros Rire» (Journal, du 11 au 22 juillet 1857). La façade de la maison gravée sur le timbre est la façade d'une deuxième maison intérieure, celle que les Goncourt appellent, précisément «la serre». Après la mort de l'oncle Victor, cette maison construite, précise André Billy (Les Frères Goncourt, Flammarion, 1954, p. 16) en 1700 par Jean Huguet, maire de la ville, dont l'une des filles, Mme de Graffigny, écrivit les Lettres péruviennes fut vendue à un banquier, Maljean.

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