Les Goncourt à Neufchâteau et à la Poste
La Poste rend un hommage indirect aux Goncourt! Depuis le 14 octobre 2002, vous pouvez acheter un timbre à 0,46 euros, représentant la maison de Neufchâteau qui avait appartenu à l'oncle paternel d'Edmond et Jules de Goncourt, et qui se trouve dans les Vosges.
L'arrière-grand-père
d'Edmond et Jules, Antoine Huot (1731-1809), avait
acheté le titre de seigneur de Noncourt et de
Goncourt au chevalier Antoine de Mouginot. Le fils
d'Antoine, Jean-Antoine (1753-1832), eut deux fils,
Pierre-Antoine-Victor, qui mourut en 1857, et
Marc-Pierre, mort en 1834, le père d'Edmond et
Jules. La maison de Neufchâteau fut achetée
en 1816 par Pierre-Antoine-Victor, dit «l'oncle
Victor», et son père, Jean-Antoine, vint
mourir dans la maison de son fils. Jean-Antoine, le
grand-père d'Edmond et Jules, qui fut
député du Bassigny-en-Barrois à la
Constituante, puis magistrat à Neufchâteau,
possédait de son côté un
château à Sommerécourt, à 4
kilomètres à l'est du village de Goncourt
(Haute-Marne) - «le château de notre
grand-père, avec son rideau de peupliers et son
ruisseau à écrevisses»
(Journal, 22 juillet 1857). Edmond et Jules de
Goncourt connaissaient bien la maison de
Neufchâteau, celle du timbre, «ce joli
modèle bourgeois de l'hôtel du XVIIIe
siècle», avec sa «façade de
pierres de taille toute fleurie et égayée
de rocaille et de fleurs», et «les grandes
chambres, l'escalier de pierre à repos».
Ainsi Jules décrit-il la maison familiale,
où il s'était rendu (avec Edmond, bien
sûr!) pour l'enterrement de leur oncle, au mois de
juillet 1857. De cette maison, les Goncourt aimaient
surtout la serre, «une merveille, la serre, avec ses
mansardes et ses statues de pierre [
], et
le dessus de la porte, une face du gros Rire»
(Journal, du 11 au 22 juillet 1857). La
façade de la maison gravée sur le timbre
est la façade d'une deuxième maison
intérieure, celle que les Goncourt appellent,
précisément «la serre».
Après la mort de l'oncle Victor, cette maison
construite, précise André Billy (Les
Frères Goncourt, Flammarion, 1954, p. 16)
en 1700 par Jean Huguet, maire de la ville, dont l'une
des filles, Mme de Graffigny, écrivit les
Lettres péruviennes fut vendue à un
banquier, Maljean.
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