Librairie William Théry
1 bis, place du Donjon
28800
ALLUYES
Tél. 02 37 47 35 63
E-mail : williamthery@wanadoo.fr
Extrait du catalogue de novembre 2009
54.- 1) LAS, mardi, octobre 1887, à Madame Sichel; demi-page in-8°, env. cons. Il va à Paris "vendredi pour le départ de mon second volume du Journal." Il lui demande à dîner ce jour-là. "Votre silence me dira oui! Pardonnez-moi de ne pas vous faire une visite, mais je suis dans un tas d'affaires et une énorme plantation de rosiers."2) LAS, Champrosay, [26] juillet 1892, à Madame Sichel; 2 pp. in-8°, adresse en tête: Champrosay par Draveil (Seine et Oise); document en très mauvais état: l'encre, très décolorée, rend difficile, voire impossible la lecture de plusieurs passages. Goncourt est à Champrosay chez les Daudet. Le Journal nous apprend qu'il s'y est rendu le 12 juillet. Après avoir demandé à Mme Sichel si elle a hérité, il lui relate le drame qui vient de se produire chez ses hôtes: "Le valet de chambre s'est battu avec le jardinier de la [mot illis.], et renvoi du jardinier, de la jardinière, de la femme de chambre de Mme Daudet, et bouleversement dans la maison, et le regret au fond chez la patronne de son vieux serpent, son jardinier [le vieil Isidore] qui incontestablement avait un grand soin de son jardin qu'il a [plusieurs mots effacés] depuis trente cinq ans." Goncourt mène une vie tranquille, il fait des "promenades péripatéticiennes dans la journée au bras de Daudet, des courses en landau à la fin de la journée" . C'est au cours de l'une d'elles qu'il a pris "un coup d'air dans un il". Le jeudi, les Daudet reçoivent 12 à 18 hommes de lettres, mais ce soir, un mardi, exceptionnellement, "il y a Zola et l'espérance de ne pas se manger le nez au dessert." Goncourt se plaint toujours de sa "santé détestable, d'abord avec des maux d'estomac abominables et de la colique pas poétique [ ] Ah, ce n'est pas folichon la vieillesse!" En revanche, il a observé "un mieux très remarquable dans la santé de Daudet au sujet de Mais ça ne peut pas se dire à une dame qu'on respecte." [Le 13 juillet, Goncourt note dans son Journal que Daudet lui a confessé suivre le traitement du Dr Brown-Séquard, et le 31, il s'émerveille: "C'est miraculeux, le mieux que produit le traitement de Brown-Séquard sur Daudet; lui qui avait besoin d'être porté sur un bras, il marche sans s'y appuyer, il fait une allée tout seul." Goncourt, toujours aussi vipérin, ajoute que Zola suit le même traitement, mais pour d'autres raisons : il aurait en effet sollicité cette "injection particulière" (à base de testicules de bélier) parce qu'elle "restitue les forces amoureuses et le refait un homme de vingt-cinq ans près de la jeune femme qui a succédé à Mme Zola." L'élixir de Brown-Séquard était la risée du corps médical. Mais ne préfigurait-il pas les futures expériences d'un autre apprenti-sorcier, le docteur Serge Voronoff ?
3) LAS, 16 juin [?], à un destinataire non identifié [Auguste Sichel, le mari ?]; demi-page in-8° (mauvais état). Il prie qu'on remette au porteur de la lettre "les objets qui sont dans la petite armoire (Con de Goncourt)." Il demande si c'est bien le jour suivant que Mme Sichel l'a invité à dîner.
160 euros
Accueil