Mathilde, Princesse Bonaparte, par Jérôme Picon
Flammarion, «Grandes Biographies», 2005
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J.-B.
Carpeaux, Princesse Mathilde, «Buste
intime», (détail) |
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Bien démunis seraient les biographes de nombreux personnages ayant vécu au dix-neuvième siècle si Edmond et Jules de Goncourt, puis Edmond seul n'avaient pas écrit les mémoires du temps! On a lu - lecture facile - Mathilde, princesse Bonaparte, avec plaisir, et l'on a reconnu tout ce que le livre devait aux deux mémorialistes, habiles à montrer les coulisses d'un salon artistico-politique. On connaît grâce au Journal. Mémoires de la vie littéraire (1851-1896), non pas tout, mais presque tout de la vie de la fille du prince Jérôme Bonaparte et de Catherine de Wurtemberg, celle que les Goncourt appelaient «la princesse Mathilde» avant de lui avoir été présentés, et «la princesse» tout court, ensuite. Lorsque Philippe de Chennevières les amène chez elle à Saint-Gratien, le 16 août 1862, ils sont émus, certes, mais critiques. La princesse ? «Une grosse femme, un reste de belle femme, un peu couperosée». La princesse est déjà célèbre, qui s'était installée à Paris en 1846, séparée de son mari Anatole Demidoff à qui le roi Jérôme l'avait vendue, et maîtresse maintenant du bel Émilien de Nieuwerkerke, qui papillonnait çà et là. Au fil du temps, la princesse deviendra une amie pour Edmond, réticente néanmoins, toujours, devant ses romans. D'ailleurs, les naturalistes, tous des «saligots», parole de princesse. Puis les liens se distendent. Les Goncourt ne sont pas seuls présents dans le livre, et c'est un des nombreux attraits de cette biographie que de nous faire voir l'envahissante famille des Bonaparte, certains écrivains du temps - à vrai dire pas les meilleurs, Flaubert et Gautier mis à part - , des artistes, et les inévitables pique-assiettes, courtisans et désuvrés. La princesse Mathilde n'était certes pas une lumière, peut-être même n'eut-elle aucun don, plus proche de Madame Sabatier dite la Présidente que de la comtesse de Loynes ou de Madame Arman de Caillavet. La princesse Mathilde, une pintade bien plus que la descendante d'un aigle. N.-B. On pourrait croire, page 342, que l'auteur de l'adaptation théâtrale des Frères Zemganno est d'Ajalbert : si celui-ci a bien adapté La Fille Élisa, le roman Les Frères Zemganno a été écrit pour la scène par Paul Alexis et Oscar Méténier. |
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Une caricature
de la princesse Mathilde, |