Naples, 7 juin
1894
Je
dois, avant tout, vous remercier, cher Maître, du
cadeau vraiment precieux [sic] de l'ex: de luxe
de votre Italie d'hier, dont les reproductions
d'aquarelles sont fort belles.
Avec cette lettre je vous envoye, en un
paquet recommandé, les pages de votre livre avec
la correction de plusieurs mots italiens et
vénitiens et de quelques noms de peintres
inexactement orthographiés. Toutes ces corrections
- exception faite pour celles de Venise la nuit
dont vous ne m'avez pas envoyé les épreuves
- ont été déjà faites par moi
sur le feuilleton de I'«Echo» et n'ont pas
été exécutées par
l'imprimeur.
Avez-vous envoyé un ex. de votre livre
à M Enrico Nencioni de la «Nuova
Antologia» ? Je vous envoye ma petite liste de
littérateurs et de joumalistes, auxquels votre
éditeur devrait expédier un ex. de votre
livre pour l'indispensable réclame dans la
presse italienne. Votre livre a été
annoncé par plusieurs journaux italiens avec des
paroles de sympathie, mais d'articles il n'y a en a que
le mien et ce[lui] de l'ami Cameroni.
Je vois annoncé dans la "Biblioteca
Amena" des éditeurs Treves de Milan, les
mêmes qui publieront en automne ma traduction des
deux exquis bouquins de Mme Daudet, la traduction de
votre Faustin. Connaissez-vous le
traducteur ? Voulez-vous me confier la tâche
d'examiner cette traduction, qui serait difficile
même pour un délicat styliste ?
N'oubliez jamais que je suis toujours
à votre complète disposition et que vous
rendre quelques petits services est pour moi un vrai
plaisir.
Poignée de main bien
affectueuse
Vittorio Pica