Au Cimetière
Marin de Tréboul repose John-Antoine NAU,
le premier des lauréats du Prix Goncourt. Non loin
de là, longeant le stade Henri Guichaoua, se
trouve la rue qui porte son nom.
C'est en effet à la
villa Ker Jeanne, route de Saint
Jean (1),
que s'est éteint le poète et romancier, le
17 mars 1918, au terme d'un long voyage
commencé sur les rives du Pacifique, 57 ans
auparavant, sous le nom d'Eugène TORQUET.
Dans
le registre des baptêmes de l'église
française Notre Dame des Victoires de San
Francisco se trouve inscrit celui
d'Eugène
Léon Edouard TORQUET (2),
né le 19 novembre 1860, fils de Paul
Torquet et de Sophie Petibeau. Ce document dissipe tous
les doutes qui traînent encore dans les
dictionnaires, anthologies et catalogues. John-Antoine
Nau est né citoyen américain ;
il l'était encore en 1915, et probablement
même jusqu'à son dernier jour.
Ses
parents s'étaient mariés dans la même
église le 27 février 1858. Leur premier
fils, Louis, né en Janvier 1859, était
déjà mort quand vint le second. Suivirent
encore deux fils : Jules, en Août 1862 qui
n'aurait vécu que trois ans et demi ; et
Charles, né le 6 mai 1864, qui se fera, lui aussi,
un nom en littérature.
Petit-fils
de Jean Adrien Torquet, instituteur et clerc de la
paroisse de Mesmoulins près de
Fécamp ; fils de Jean Pierre Nicolas Torquet,
lieutenant de vaisseau retraité, marchand libraire
à Bolbec, Paul Pierre Noël Adrien TORQUET y
est né le 10 juin 1827. Sa mère, fille d'un
enseigne de vaisseau, avait été
adoptée par Jean Noël Ambroise Maillard,
commis principal de marine au Havre. La mer et les
lettres étaient donc inscrites au patrimoine
familial.
Aîné des fils
dans une fratrie de cinq, il est probable qu'après
la mort de son père en 1842, Paul Torquet se sera
embarqué très jeune vers des terres
lointaines. On est en droit de supposer qu'il sera
arrivé en Californie vers 1845, à
l'époque où la province était
mexicaine, et qu'il aura eu le temps d'y constituer une
solide petite fortune, avant que les Américains,
à partir de 1848, ne spolient les
précurseurs au profit de
l'immigration continentale (3).
Nous ne connaissons que sa
dernière situation : ingénieur et
actionnaire, il dirigeait une société qui
importait des pièces de mécanique et
construisait des machines à vapeur, et dont les
ateliers, installés à San Francisco au
quartier de South of Market, ont subi les dommages d'un
incendie en 1863.
Le typhus devait l'emporter
en quelques heures le 27 août 1864. Il laissait
à sa veuve la recommandation de ramener ses
enfants en France pour qu'ils reçoivent
l'instruction latine et grecque qui lui avait
manqué. Naturalisé américain depuis
le 6 novembre 1860, secrétaire de la
Société française de Bienfaisance
mutuelle (première société
d'assurance mutuelle des Etats-Unis), homme de grand bien
jouissant de la plus haute estime des san franciscains,
il avait, aux dires de son fils, été
honoré de funérailles publiques dans une
ville endeuillée.
C'est à San
Francisco que les parents d'Eugène Torquet
s'étaient connus.
Sophie
Petibeau avait 15 ans et son frère 14, quand ils
sont arrivés, en octobre 1849, en Californie, dans
le sillage d'une mère intrépide. Fille d'un
receveur de rentes parisien malchanceux, sur d'un
éminent anatomiste et chirurgien, et d'un
maître de forges et fondeur d'art de
renommée internationale (la statue de Lafayette
à Washington a été coulée
dans ses ateliers), Anne Charlotte Virginie DENONVILLIERS
avait épousé en 1831 Louis PETIBEAU,
percepteur à Montlhéry où sont
nés, en 1834 et 1835, ses deux enfants. Peu
après la mort de son mari survenue en 1839, elle
est partie en avant pour New York. Une fois rejointe par
les siens, elle s'est lancée avec eux à
travers les Etats-Unis dans le grand mouvement de la
ruée vers l'Ouest. Pendant quelques années,
elle a dirigé une école de jeunes filles
à San Francisco ; puis, passant vers 1867 par
Eastchester, près de New York, elle est
allée ensuite, en pionnière de Colombie
britannique, prendre la direction d'un
établissement de jeunes filles à Victoria.
Pendant ce temps, son fils, naturalisé
américain et pharmacien, avait fondé une
famille sur place, à San Francisco.
Il
aurait été difficile à Sophie
Torquet de se mettre en route pour la France avec trois
enfants en bas âge. Aussi est-il plus plausible de
penser qu'elle se sera attardée à San
Francisco, pendant un temps suffisant pour
qu'Eugène apprenne les trois langues en usage
autour de lui (le français, l'espagnol et
l'américain) et qu'il s'imprègne des
paysages et de la lumière des bords du
Pacifique.
Eugène avait
près de 7 ans quand la famille débarqua au
Havre, où elle était attendue par de
proches parents de son père. Il fut inscrit au
Lycée impérial de la ville et il
collectionna les nominations pendant ses sept
premières années de scolarité. Cet
exil lui a laissé des souvenirs lugubres. Pourtant
il a bien accepté le remariage de sa mère
en 1870 avec Louis Alfred DUCHESNE, médecin en
exercice. Dès l'âge de 9 ans, dit-on, il
composait des poésies. Mais il a raconté
lui-même qu'une audace littéraire l'avait
fait exclure de l'établissement, au printemps
1877.
Sans hésiter, Sophie
Duchesne s'est alors installée à Paris pour
inscrire ses deux fils au Collège Rollin. Au terme
d'années de triste mémoire, Eugène
en est sorti en 1879 avec son baccalauréat,-seul
titre universitaire dont il ne manquait pas de se
prévaloir.
Réfractaire à
toutes les sciences, qu'elles soient exactes ou
naturelles, Eugène Torquet n'avait jamais
cessé de montrer de grandes dispositions pour les
matières littéraires. Aussi a-t-il
été tenté par la
fréquentation des Hirsutes, avant de collaborer au
Chat Noir dès son premier numéro. Sa
famille, inquiète de cet avenir incertain, lui
avait trouvé des emplois de bureau auxquels il a
dû s'essayer sans succès.-On en retrouve
l'évocation dans Le Prêteur d'Amour.
Majeur,
prenant sa vie en main, il s'embarque en 1881 en
qualité de pilotin, sur un trois-mâts
faisant le commerce avec Haïti et les Antilles. Ce
rude apprentissage lui a inspiré des récits
qui, regroupés par les soins de Jean
Royère, ont paru en 1923 sous le titre de
Pilotins. Une effroyable tempête,
racontée dans Force Ennemie, l'a fait
renoncer à la marine à voile. C'est alors
qu'il tenta une autre expérience maritime, en se
faisant enrôler comme aide-commissaire aux vivres
pour un voyage sur le paquebot " La France ",
à bord duquel il ne fit pas preuve des
capacités attendues : il y fait allusion dans
Le Prêteur d'Amour.
Sans perdre le goût
des pays lointains, il repart pour un long voyage
d'agrément au cours duquel il aurait visité
les côtes du Venezuela et celles de la
Colombie,-souvenirs qu'il exploitera dans Les Trois
Amours de Benigno Reyes. Faisant une dernière
escale à New York, il revient en France en
quête de son avenir littéraire.
Éternel
rêveur, c'est alors que commence sa vie
itinérante, à la découverte de
nouveaux paysages que, dès qu'il en aura
épuisé la veine poétique, il
quittera pour d'autres.
À Port en Bessin, en
1883, il fait la connaissance d'André Lemoyne,
" inventeur, a-t-on dit, de la veine maritime de la
poésie ".
La même année,
il s'installe à Asnières, station
balnéaire des Parisiens où il retrouve son
ami Paul Signac : une huile du peintre,
intitulée " les bains Bailet ",
datée 1883 et dédiée " à
l'ami Gino ", a fait l'objet d'une vente publique en
l'année 2000. À Asnières encore,
Eugène Torquet rencontrera Henriette
DIEUDONNÉ, avec laquelle il se mariera en juillet
1885 et qu'il emmènera en voyage de noces à
la Martinique, avec l'espoir d'y rester. Un malheur dans
la famille d'Henriette les a obligés à
revenir en France au printemps 1886. Jamais Eugène
Torquet ne pourra retourner en Martinique, autrement
qu'au travers de ses écrits.
La
trace de ce couple inséparable a été
relevée par Jean Royère dans la
préface de Thérèse
Donati,-roman de John-Antoine Nau paru en 1921.
Certaines des étapes méritent d'être
mentionnées.
Au cours d'un long séjour
à Piriac, sur l'estuaire de la Loire,
Eugène Torquet entre en relation avec Dominique
Caillé, avocat nantais érudit d'histoire
littéraire et poète, vice-président
de la Société académique de Nantes
et de Bretagne.
De son passage aux Sables
d'Olonne, il a restitué le paysage dans La
Gennia.
Une fièvre
typhoïde déclarée à Fleury sur
Andelle lui a valu une convalescence au Lavandou, au
cours de laquelle il a trouvé l'amitié du
peintre Henri-Edmond Cross.
À
Pontoise, sa mère est venue séjourner chez
eux et les a suivis à
Carteret,-villégiature de prédilection
où Eugène Torquet et sa femme viendront
à plusieurs reprises, en alternance avec des
séjours hivernaux en divers lieux d'Espagne :
Malaga, Soller, Barcelone. Au Seuil de l'Espoir
sera commencé à Carteret en mars 1896 et
terminé à Malaga en janvier 1897.
Publié à compte d'auteur, cet ouvrage
poétique est le premier écrit signé
John-Antoine
Nau (4).
De 1899 à 1901, le
couple est installé aux îles Canaries,
à Orotava del Puerto,-point de départ du
héros des Trois Amours de Benigno Reyes.
John-Antoine Nau y aura des démêlés
avec un négociant des moins honnêtes, sur
lequel il prendra une revanche caricaturale dans Les
Galanteries d'Anthime Budin. Contraint de quitter
l'île à cause de lui, il prend la direction
de Lisbonne.
De là, il traverse
le sud du pays et l'Andalousie pour aller se fixer
près de Huelva, au bord du Rio Tinto. La
" Lettre d'Espagne à un parent ",
insérée dans les Lettres exotiques
(parues en 1933 aux éditions des Marges), relate
ce voyage. Il se fait propriétaire, mais une
malheureuse expérience de culture
maraîchère dans leur jardin les contraint,
en automne 1902, à revendre la maison et à
retourner à Malaga pour y passer l'hiver.
Alors qu'il l'avait
commencé à Orotava, c'est à Huelva
que John-Antoine Nau a terminé Force
Ennemie, en juin 1902. En février 1903, son
roman paraît, à compte d'auteur, aux
éditions de la Plume. Sans déflorer le
sujet de l'ouvrage, un extrait, très
caractéristique du style maritime et colonial de
Nau, est aussitôt publié dans les pages de
la revue. Le roman n'échappera pas à la
critique de Fagus dans la Revue Blanche, puis à
celle, très bienveillante, de Robert Scheffer dans
la Plume.
En
juillet 1903, John-Antoine Nau demeure à
Saint-Tropez, au hameau des Canoubiers, dans une maison
exiguë que Lucie Cousturier fréquentera
assidûment (au printemps 1905, il s'installera
Plage de Granier).
Pendant ce temps, à
Paris, les membres de l'Académie Goncourt
s'affairent au choix des romans à mettre aux voix
lors de l'attribution du Prix en décembre.
Force Ennemie est l'un d'eux, et l'on cherche
activement plus de renseignements sur son
mystérieux auteur, déjà connu par
des écrits parus dans la Revue Blanche.
Dans la nuit du 21 au 22
décembre, contre toute attente, John-Antoine Nau
reçoit un télégramme lui
annonçant qu'il est le lauréat.
Après avoir envoyé une lettre de
remerciements à chacun des membres de
l'Académie, il court à Saint-Clair, chez
son ami Henri-Edmond Cross, qui le garde chez lui pour
faire son portrait. John-Antoine Nau ne se
déplacera pas à Paris pour recueillir sa
récompense : il en chargera son frère
Charles, secrétaire de Maurice Donnay depuis
octobre dernier.
Poursuivant son travail, il
termine en 1904 la traduction du " Journal d'un
Ecrivain " de Dostoïevski. Il dépose
chez Messein son manuscrit d'Hiers Bleus, recueil
de poèmes en attente de parution,
dédié à Paul Signac. En 1905, Le
Prêteur d'Amour, dédié à
Lucien Descaves, est prêt pour son édition
chez Fasquelle. Nau compose les poèmes de Vers
la Fée Viviane, qui paraissent en 1905 aux
Ecrits pour l'Art, et grâce auxquels il entre en
relation d'amitié avec Jean
Royère.
En
avril 1906, il s'embarque pour Alger, où il
séjournera trois ans avec quelques brefs retours
sur terre de France. C'est de là qu'il envoie son
manuscrit de La Gennia aux éditions
Messein, pour sa parution en Juillet de la même
année. Il fréquente le milieu
algérianiste : Les Lettres de Corse et de
Bretagne, parues en 1949 aux éditions
" Afrique ", sont un précieux
témoignage de l'amitié littéraire
qu'il noua avec Robert Randau. En 1908, il confie aux
éditions de La Phalange la publication de Vers
la Fée Viviane, dédié à
Félix Fénéon, cycle auquel il ajoute
Côte d'Emeraude, qu'il avait écrit
lors d'un séjour à Saint-Cast. Les
réalités de la vie urbaine lui inspireront
le roman truculent de Cristobal le Poète,
qu'il dédiera à Gustave Geffroy. Survient
en mars 1909, la mort de sa mère, qu'il
évoquera dans deux passages de
Thérèse Donati, et qui le rappelle
en France.
Il
ne fait qu'un court passage à Paris et revient sur
la Côte d'Azur. L'amitié de Guy Lavaud ne
parvient pas à lui faire aimer Golfe Juan et il
s'installe au plus vite au Lavandou. Devenu frileux, il
quitte la métropole à l'automne pour
s'installer sur l'Ile de Beauté.

À
Cargese, il fait la connaissance du peintre Camille Boiry
qui deviendra un grand ami et qui fera un très
beau portrait de l'écrivain. Fuyant sans doute
l'afflux des estivants, il passe l'été 1910
à l'intérieur du maquis, à Zicavo.
Mais à l'automne, il élit domicile à
Porto-Vecchio, Tournant de la Marine ;-le chemin de
ronde de la citadelle sera baptisé rue
John-Antoine Nau.
Quatre années s'y
passent où l'écrivain prend, dans le
village, la place d'un bienfaiteur. Cristobal le
Poète paraît en feuilleton dans la
Phalange, de novembre 1910 à mai 1911 ; le
roman sortira chez Ollendorff au printemps 1912.
L'observation de la population corse lui inspire son
roman Thérèse Donati, que, de son
vivant, il hésitait à publier. En janvier
1914 paraît, chez Crès,un recueil
dédié à Jean Royère, En
suivant les Goélands, dont nombre de
poèmes ont déjà paru dans La
Phalange.
À la
déclaration de guerre, il déménage
de Porto-Vecchio à Ajaccio, pour une installation
moins précaire. En septembre 1916, le couple
quitte définitivement l'île pour se rendre
à Rouen, où la sur d'Henriette vient
de mourir. Découragés par la tristesse de
la ville, ils n'y resteront que quelques mois, le temps
de trouver un nouveau port d'escale.
John-Antoine Nau a choisi
la baie de Douarnenez et, le 17 mars 1917, ils arrivent
à Tréboul. C'est là que le
poète mourra un an plus tard, jour pour jour,
laissant d'ultimes poèmes d'une très haute
inspiration religieuse.
Réputé
de caractère sauvage, John-Antoine Nau a eu de
très nombreux et très bons amis, choisis
certes parmi les poètes et romanciers, mais aussi
parmi les artistes peintres. Il serait infiniment heureux
que soient réunies, pour une publication
complète, les lettres qu'il leur a
écrites : Nau excellait en effet dans l'art
épistolaire, où on le connaît dans
toute sa spontanéité, avec sa bonne
humeur.
Il n'a eu cure de son renom
d'auteur, car il écrivait pour la perfection de
l'art. La lecture de ses ouvrages en prose paraît
ardue à qui n'a pas commencé par Les
Trois Amours de Benigno Reyes. Il faut savoir passer
de portraits en portraits, souvent caricaturaux, et de
paysages en paysages, pour ne pas attacher une importance
primordiale à l'intrigue de ses romans. On ne peut
pas s'empêcher d'apprécier la langue et le
style de l'écrivain.
Au Seuil de l'Espoir
est un long poème épique, traversé
par la quête de la femme irréelle, aux
rythmes et aux couleurs duquel on se laisse prendre.
Beaucoup des poèmes des recueils suivants sont des
évocations autobiographiques,
dédiées à divers parents et amis.
Nau n'imaginait pas les paysages, il les avait vus avec
des yeux de peintre et les transformait en
musique.
Dès
1908, dans La Phalange qu'il dirigeait, Jean
Royère a écrit un long article sur
John-Antoine Nau. À partir de la mort de son ami,
dont il fut le témoin, il a multiplié les
publications pour que le poète et romancier ne
passe pas dans l'oubli : dans les Marges d'abord en
1918, dans le Douar en 1919, dans les Belles Lettres en
1922, dans " Clartés sur la
Poésie " en 1925.
Avec l'aide
d'Henriette Torquet, Jean Royère a
rassemblé de nombreux écrits
inédits, en vers et en prose. C'est ainsi qu'ont
pu paraître Thérèse Donati en
1921 ; Les Galanteries d'Anthime Budin
(auxquelles sont joints différents contes et
nouvelles) en 1923 ; la même année,
Les Trois Amours de Benigno Reyes (parus
initialement dans la Revue Blanche en 1902), ouvrage
comportant en outre les textes constituant
Pilotins, ainsi que la fantaisiste nouvelle du
Duelliste ; les Poèmes triviaux et
mystiques en 1924 ; enfin les nouvelles
d'Archipel caraïbe en 1929 et en 1933, les
Lettres exotiques, réunissant les
correspondances de Nau avec différents amis entre
1896 et 1915.
L'activité
littéraire de John-Antoine Nau n'avait jamais
connu de trêve depuis qu'il avait remis le pied sur
la terre ferme : en témoignent ses
contributions aux revues de l'époque. La Revue
Blanche, La Plume, Le Festin d'Esope, les Ecrits pour
l'Art, Vers et Prose, La Phalange, La Grande Revue, et en
dernier La Vie, sont les périodiques auxquels,
entre autres, John-Antoine Nau a apporté sa
collaboration par des écrits en vers et en prose,
dont certains sont encore inédits à l'heure
actuelle.
NOTES
1
- La villa Ker
Jeanne serait actuellement à l'angle de la rue du
maréchal Foch et de la rue Antoine
[sic] Nau.
2
- À son
baptême, Eugène Torquet avait reçu
les trois prénoms de sa marraine, Eugénie
Engels, et de ses deux oncles paternel et maternel,
Léon Torquet et Édouard Petibeau.
L'attribution par certains
dictionnaires d'un quatrième prénom,
Joseph, n'est pas fondée et ne doit pas être
retenue.
3.
A son mariage, Paul Torquet avait pour témoins des
amis, négociants et courtier maritime, fondateurs
comme lui, en 1851, du Comité de Vigilance, -
milice de volontaires San Franciscains, organisée
pour pallier l'insuffisance des juges à
sanctionner les innombrables exactions commises dans la
ville en voie de peuplement rapide.
4-
En 1894, à la fin d'une lettre à un ami,
Eugène Torquet avait ajouté à sa
signature : (En religion poëtique
Frère Jérôme Nau).
En abrégé, il pouvait
signer J. Nau, qui sonnait comme le surnom Gino
qu'on lui donnait en famille et parmi ses camarades de
collège, - dont Paul Signac.
À partir de la parution d'Au
Seuil de l'Espoir, il signait ses ouvrages et ses
courriers John-Antoine Nau.
Comme le pense Valery Larbaud, dans son
article paru en 1924 dans la Revue Européenne et
repris en préface de l'édition 2000 des
Trois amours de Benigno Reyes (Éditions
Ombres), Eugène Torquet, en qualité de
citoyen américain, aura anglicisé le
premier prénom de son grand-père Jean
Pierre Nicolas Torquet.
Son arrière-grand-père
Leforsenney se prénommait Charles Antoine. Est-ce
à lui qu'Eugène Torquet s'est
référé, ou à
Saint Antoine de Padoue pour lequel il avait une
grande dévotion si l'on en juge par le titre du
dernier de ses Poèmes mystiques ?
Nau est un nom des Pays de Loire.
Valery Larbaud l'interprétait comme venant de
l'espagnol et signifiant la nef. Eugène
Torquet aurait-il voulu évoquer les navigateurs de
sa famille ?
Catherine
Harlé-Conard
|