La préface de Chérie et ses suites
Edmond vient de terminer
Chérie; des affiches sont placardées
sur les murs de Paris, le roman paraît en feuilleton
au Gil Blas, la deuxième semaine du mois de
mars 1884, et la préface, qu'Edmond lui-même
baptise «testament littéraire»,
paraît au Figaro, le jeudi 17 avril; ce
même jour, Chérie paraît en
librairie chez Charpentier et Cie. Les critiques
littéraires se mettent au travail, et certains
d'entre eux sont mentionnés par Edmond dans son
Journal. Le 22 avril, Duval, journaliste à
L'Événement, critique
Chérie; le 25, Anatole Claveau, sous son nom
de plume de Quidam, reproche à Edmond, dans Le
Figaro, de prétendre dans sa préface,avoir
été le premier naturaliste; le même
jour, Champfleury, dans une lettre publique parue dans La
Justice ce même 25 avril, félicite Georges
Duval pour son article du 22 et traite les Goncourt de
cocodès des lettres. Le dimanche 27, dans
Le Télégraphe, Jules Levallois
fait savoir qu'il n'aime pas
Chérie. Parmi les critiques
qu'Edmond de Goncourt ne signale pas dans son Journal
, outre Barbey d'Aurevilly, Pontmartin et quelques autres,
Henry Becque, qui avait écrit son article sur
Chérie, plus précisément sur la
préface de Chérie, dans Le
Matin du 25 avril, sous la forme d'une interview
fictive, que vous pourrez lire en cliquant ci-dessous sur
«L'article de Becque».

Henry Becque, selon Figures
contemporaines tirées de l'Album Mariani,
3e volume, Librairie Floury, 1897.