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Article
par Alain Barbier Sainte Marie,
Cahiers Edmond & Jules de Goncourt,
n° 5 - 1997, p. 225-226
Complété le 22 mars 2009 (voir ci-dessous)
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Qu'est devenue la folie, ou petite maison, que la danseuse du XVIIIe siècle, Mlle Guimard, avait possédé à Pantin ? Au siècle d'Edmond de Goncourt, elle avait disparu, mais, bon archéologue, Goncourt essaie de la retrouver par l'esprit, à partir des boiseries, attribuées à Peyrotte (entre 1763 et 1765), en son temps conservées : «Pouvons-nous [ ] reconstituer sa maison qui a disparu [ ] ? Oui, peut-être, au moyen des deux salons, dont les boiseries peintes ont été achetées en 1889, par Madame Delizy» (E. de Goncourt, La Guimard, 1893, page 50). Dans le court chapitre XV de La Guimard, Edmond utilise un Mémoire sur la salle de spectacle de Mlle Guinare [sic; Edmond s'est trompé lui aussi et a transcrit Guimare], par lui acheté à un libraire (1), pour décrire la salle du petit théâtre adjointe ultérieurement (ca 1765) à la construction de cette maison de campagne. Puis, au sujet de la maison elle-même, détruite en 1886, et que Goncourt ne pouvait plus voir au début des années quatre-vingt-dix, il raconte la description faite par Mme Delizy des anciens lieux qu'elle avait connus. Enfin, il nous dépeint ces fameuses boiseries, achetées en 1886 par elle, et remontées dans sa propre maison. Ce qui est étonnant, c'est qu'Edmond déclare que «la place même [de la maison] n'est plus même bien connue à Pantin», alors que cette Mme Delizy, qui avait visité la folie, située au 104 rue de Paris (2), habitait elle-même au 100! Après la mort de M. et Mme Delizy, leur «belle et artistique habitation», selon Goncourt, fut mise en vente à Pantin, le 30 juin 1913. La maison fut achetée avec une partie des boiseries par la municipalité pour y installer la Justice de Paix, et la bibliothèque municipale (3). Tout allait pour le mieux possible, quand une décision brutale des pouvoirs publics, pour cause d'utilité publique, provoqua, vers 1969-1970, la destruction de cette maison afin de permettre les travaux d'élargissement de la R.N. 3! Et pourtant, elle était inscrite à l'Inventaire des Monuments historiques, grâce à ses décorations à peintures du XVIIIe siècle, depuis le 19 octobre 1928; elle était, en outre, sur la «Liste des immeubles protégés au titre de la législation sur les Monuments historiques et sur les Sites dans le département de la Seine», par arrêté du 31 décembre 1965 Cet acte de vandalisme légal fut atténué grâce à l'entregent et à l'intervention salvatrice du conservateur du Musée de l'Ile-de-France, au château de Sceaux, Georges Poisson, qui se fit confier par les Monuments historiques, dès le 8 avril 1969, une partie des boiseries pour les exposer. On peut les y admirer au 1er étage. Si peu qu'il reste de l'ensemble initial, on a une idée des «jolités» dont la Guimard avait voulu s'entourer dans son grand et son petit salons : trois doubles-portes; deux glaces dont les trumeaux sont décorés de motifs champêtres et musicaux; huit panneaux aux lambris vert d'eau avec motifs floraux sur fond crème. Cet ensemble, La Guimard d'Edmond à la main, avec les collections du Musée, le parc de Le Nôtre et le grand canal bordé de peupliers, mérite le déplacement. Hors saison touristique, on y peut rêver aux Nuits de Sceaux, de la duchesse du Maine, et aux fastueuses et érotiques soirées de Pantin, de la Guimard (4).
(2) Aujourd'hui, avenue Jean Lolive, à l'emplacement actuel du square et de la Salle des Fêtes, nous apprend Roger Pourteau, in Pantin, deux mille ans d'histoire, Paris, Temps Actuels, 1982, in 4°, 203 pp., ill. et photos; voir p. 42. (3) Cf. la Gazette de l'hôtel Drouot des ler juillet 1913 et 3 septembre 1913. En présence de la comédienne Réjane, Me Lair-Dubreuil adjugea pour 75 950 fr. ces boiseries sculptées et peintes. Mes remerciements vont à Mme Humbert, de la Gazette, qui, comme d'habitude, m'a fourni des renseignements avec promptitude et la meilleure grâce. (4) Je dois des remerciements chaleureux à Mme Marianne de Meyenbourg, bibliothécaire du Centre de Documentation du Château de Sceaux, qui, avec la plus grande amabilité, m'a envoyé des documents bien plus actuels que ceux de mes archives. |
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NOTE, le 22 mars 2009Quelque douze ans après l'écriture de cet article, il fallait réviser des savoirs que l'on croyait acquis Madame Hélène Richard nous a fait parvenir le dernier état des recherches, en particulier sur les boiseries de Madeleine Guimard, effectuées en collaboration avec André Caroff.
Vous serez informés en consultant le blog:http://histoire-de-pantin.over-blog.com/article-29184073.html Une fois que vous aurez lu les informations du blog, vous comprendrez cette remarque dont Madame Richard nous a fait part : "M. Caroff a rencontré il y a quelques temps la conservatrice de Sceaux qui lui annoncé que finalement il semblerait que les fameuses boiseries ne datent même pas de cette époque..."
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