Revu le 12 mai 2003

Arnoldiana

Revu le 12 mai 2003

 

Pour écrire leur biographie de Sophie Arnould, les Goncourt ont utilisé Arnoldiana, paru sans nom d'auteur en 1813, écrit par Albéric Deville. Ils en citent des anecdotes, mais avec discrétion.. Le titre complet de ce livre, exemple d'un genre tombé en désuétude, celui des ana, charmant et moins méprisable qu'on ne le croit, est presque un mot d'esprit à lui tout seul : Arnoldiana, ou Sophie Arnould et ses Contemporaines [remarquons le féminin!] ; Recueil choisi d'Anecdotes piquantes, de Réparties et de bons Mots de Mlle Arnould ; précédé d'une Notice sur sa Vie et sur l'Académie impériale de Musique. PAR L'AUTEUR DU BIÉVRANA. En frontispice, un portrait de Sophie dans le rôle de Zyrphé de l'opéra de Zélindor (Zélindor, roi des Silphes [sic], ballet héroïque en un acte et en vers libres, par Moncrif, musique de Rebel et Francœur, 1745 ; repris à Fontainebleau le 19 octobre 1769. Zirphé est une mortelle aimée de Zélindor), gravé par Bourgeois de la Richardière d'après un pastel de «la Tour, peintre du Roi».

Biévrana ou jeux de mots de M. de Bièvre connut une 3e édition en 1799 ; on sait que le marquis de Bièvre était un faiseur impénitent de calembours. Un petit-maître… En 1823, Deville avait publié et annoté une étude sur la botanique telle que la pratiquait J.-J. Rousseau, La Botanique de J.-J. Rousseau, contenant tout ce qu'il a écrit sur cette science, augmentée de l'exposition de la méthode de Tournefort, de celle du système de Linné, d'un nouveau dictionnaire de botanique et de notes historiques. Deville aimait les fleurs, il écrivit un Bouquet de Flore (1828), une Corbeille de roses, ou la Jolie Rosière, une Guirlande des dames. On regrette de ne pas avoir eu l'occasion de lire Revolutioniana, ou Anecdotes, épigrammes et saillies relatives à la Révolution, paru en 1801 sous le pseudonyme de Philana ; peut-être cette lecture nous eût-elle procuré les plaisirs de l'Histoire de la Société française pendant la Révolution.

On trouvera, en cliquant ci-dessous sur «suite», un choix d'anecdotes ou de mots attribués à Sophie Arnould, parus dans Arnoldiana. Nous nous sommes limités à la période heureuse où Sophie fut une courtisane vivant dans le luxe, oubliant la période révolutionnaire de la fin de sa vie.

Teminons par un mot des Goncourt (Journal, 25 août 1864), pour qui la Sophie Arnould du siècle heureux est devenue, au XIXe siècle, « Sophie Arsouille», sous les aspects de la truculente mais peu fine Suzanne Lagier.

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