3 septembre 2006 

 

 

Poictevin, Edmond de Goncourt et… Aragon

 

On sait qu'Edmond de Goncourt éprouvait des sentiments mitigés pour Francis Poictevin, son disciple excessif : «Ce matin, le pauvre Francis Poictevin tombe chez moi, plus exalté que jamais. En voici un auquel j'aurai inoculé la folie de l'épithète! En littérature, l'invention de situations, de créations de personnages, l'architecture des phrases, ce n'est plus rien pour lui : il n'y a que la trouvaille d'une épithète - et bien souvent biscornue - où il apporte une recherche délirante, affolante, charentonesque!» (Journal, 30 mars 1892).

Relecture, ces vacances, d'Aragon, Je n'ai jamais appris à écrire ou les incipit : «par contrepoids à La Défense [La Défense de l'infini], je proclamais que le roman que j'allais écrire n'aurait pas de héros, de personnages, que le héros en serait une abstraction, ou de préférence une chose. Je me réclamais à cet égard d'un classique, je veux dire d'un prédécesseur, dans un écrivain qui était pour nous (du moins pour Éluard, Breton et moi) un prédécesseur, Francis Poictevin.» (Champs Flammarion, 1981, [Genève Skira 1969], p. 58.)

 

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